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41 articles avec (en) voie

Tout ce que la lumière ou l'obscurité touche...

Publié le par ap

“Mon souci en 1949, concernant la photographie, reposait sur un conflit personnel entre curiosité et timidité. L'appareil photo avait une fonction de bouclier social. En 1981, je considère l'appareil photo comme une autorisation qui m'est donnée de pénétrer dans chaque ombre ou d'observer les modifications de la lumière. J'éprouve le besoin de me trouver là où ce ne sera plus jamais pareil; une sorte d'archéologie dans le temps seulement, qui oblige à voir tout ce que la lumière ou l'obscurité touche, et à y prêter attention. Mon souci est d'avancer à une vitesse dans les limites de laquelle agir.

 


Robert Rauschenberg, Oeuvres, écrits, entretiens, Paris, Hazan, 2006.






En juin dernier, Céline Guillemin, une amie photographe, me faisait parvenir ,sans commentaire, cette prise de vue (voir ci-dessus). Une image qui, elle devait s’en douter, ne pouvait que me réjouir : sorte de clin d’œil (à double détente) faisant suite à la série farfelue des onze épisodes de l’Angora de Bob, publiés ici.


Ce Stop, visiblement fraîchement posé, adossé à une barrière en béton, était associé à la présence d’un pneu, posé au sol, masquant partiellement le texte d’un autre panneau (plus ancien), le tout ayant été trouvé en l’état le long d’une voie ferrée, sur laquelle stationnait, au loin, un train de marchandises… Certes, je le devine, Céline prétendra sûrement, par modestie - et à juste titre - que ce n’était pas tout à fait volontaire mais qu'il s'agissait bien d'une coïncidence, d'une rencontre de flâneuse : une image saisie en passant.


Stop ? Bon, d’accord : le message semblait clair. Je ne reparlerai pas de cette chèvre angora et de son vilain collier en caoutchouc, mais par contre, et puisque l’occasion m’en est donnée à rebours, parlons encore un peu de son auteur et de quelques autres de ses images.


Comment, en effet, ne pas retrouver dans cette composition une allusion malicieuse à cette fameuse sérigraphie de Robert Rauschenberg intitulée Estate, datant de 1963 ?



Si cette photographie de bord de gare m’a d’abord fait sourire, c’est peut-être finalement que, au delà du clin d’œil, il existait (mieux qu’une allusion) une référence directe à une autre image, dont elle avait peut-être connaissance.



Il s’agit d’une photographie de Robert Rauschenberg, une des toutes premières réalisées en 1952. La présence d’une roue de bicyclette, le jeu des cadres et des tableaux empilés de guingois et un équilibre instable, l’utilisation d’un galet (posé lui aussi en équilibre )sur le moyeux pour bloquer la roue ,le tout pourrait presque faire penser à une combine de Bob. Il s’agit pourtant d’une scène croisée sur un stand de broquante, près de Black Mountain Collège, où l’artiste, encore étudiant, s’essayait à la photographie.


D’autres images du même genre seront réalisées plus tard, avec le même appareil, notamment en Italie, sur les marchés Romains, en compagnie de Cy Tombly… Mais revenons sur cette image et sur une autre, datant celle-ci de 1953, prises lors de la première exposition personnelle de Rauschenberg à la Stable Gallery de New York.


Allan Grant (Life,1953)


Outre les White Paintings qui figuraient à cette exposition, on peut voir, sur ce cliché, des sculptures dont, deux d’entre elles utilisent justement le même matériel (galet, roue), ainsi que le principe d’équilibre. Il y a donc fort à parier que la configuration de cet étalage, vu et enregistré un an auparavant, a fourni à l’artiste l’idée de sa réutilisation. Il en va de même pour bon nombre de ses clichés qui seront, d’une façon ou d’une autre, régulièrement utilisés dans son œuvre, soit directement comme matériau, (reports photographiques) soit comme source d’inspiration de ses compositions.


R. Rauschenberg, Early Egyptian Série, 1978

 

C’est aussi le cas de cette autre photographie, un autoportrait réalisé dans le miroir d’une combine painting (R, in and out) en 1963, et qui reprend le jeux des vides et des pleins des cadres et la présence d’une petite roue encastrée en équilibre dans un montant de bois.



Cette roue de vélo, héritée de l’iconographie Duchampienne est l’un des éléments récurrents (avec le pneu, la chaise...) du vocabulaire graphique de Rauschenberg. Ici, l’image du corps de l’artiste, associée par son reflet à la roue, est d’ailleurs assez troublante, car elle anticipe, de quelques années, une triple lithographie intitulée « Autobiography ».


[...]


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TRACT APPEL*

Publié le par ap et René Leplus



[fig 1] (Légende : colle ça ! Même la NAZA le survole)

Dans une suite d’articles récents  (ici et ) Jean-Claude Bourdais (JCB) notait les ravages invasifs et irritants de la petite fleur qui jaunie nos campagnes et abreuve les silos. Aux larmes citoyens, alarme citoyenne : Gare à l’intox du Diester et aux conséquences, non moins perfides, qui touchent nos yeux, notre nez et les poumons de nos compagnes!

Ce que ne dit pas JCB, et que nous révèlent ces deux envois avisés du Front de Libération gaillardement conduit par de René Leplus, c’est que, d’une part il y a ce fameux colza, qui gagne du terrain, cernant actuellement la résidence de JCB, de façon inquiétante (asphyxie assurée) - comme le montre cette vue de l’art NAZA(L)fig1-, et que d’autre part, mais il n’y a peut-être pas de rapport direct (quoique, à la limite…), l’appel de JCB - vu aussi Rue Maréchal fig2, sous forme d’un tract d'appel aux détracteurs, doit être relayé d’urgence :


NON

AUX DEALS AUSTERES !


[fig 2] – Légende : Appel à Libérez JCB


* Pelle à tract conjointement maniée par a.p. et  René Leplus qui imaginent que cette boutade ne lui montera pas aux nez!


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(l'avis dans les six plis)*

Publié le par ap

* ou dire ses six vérités.


Chute d’écarts nés - Collage - 1999

 

L’ami e-h. m’invite, depuis son blog, ainsi que cinq autres maillons* à émailler mes six vérités, suite à une « espèce de traquenard » posé par un certain Bertrand, animateur du site "Sur les pas d'une collection"  (qui regorge en effet de mille et une pièces précieuces). Voici qu’elle était la demande : « Énoncer six choses, dire 6 trucs sur soi, un peu spontanés, avec légèreté si possible..." et passer le relais à six autres victimes... (au passage : « chapeau Bertrand pour l’idée, j’ai ainsi découvert par cet enchaînement d’adresses de nouveaux espaces, mais d’abord pourquoi 6 et pas 4 ? C’est pas facile de plier six bricoles, et je ne parle pas des civilités qui s’en suivent : trouver six cibles c’est pas si simple…)

L’ami e-h, après une hésitation s’est donc pli au je (voir ici son pli de chapeau) et plu à nous proposer de faire la chaîne en maillot et de défiler debout ou à six.

* le chaînon de e-h

1. Laurence du blog Actualités 34 qui sait remettre au goût du jour, avec intelligence et engagement, Prévert et ses amis.

2. Philippe d'Appeau vert qui sait jongler avec les mots jusqu'à l'étourdissement (tout sauf du ready made) !. ("C'est fait!" aurait écrit Bataille pour avoir touché le sein doux, après s'être fait prié...)

3. Il y a peu de chances qu'elle réponde (sauf en mail, ce que j'apprécierais vraiment) car elle ne laisse qu'exceptionnellement des traces d'elle-même dans les commentaires de son propre blog : Lucileee de ce blog Qu'est-ce que l'art ?(aujourd'hui), un site fin et actualisé qui traite d'art contemporain en engageant une réelle réflexion sur les artistes et les œuvres.

4. Les quatre filles formidables du Quatuor'fé qui sont des artistes merveilleuses qu'il faut entendre. (ici en bas de page)

5. Lyliana du site Détours des mondes qui laboure avec rigueur des terres systématiquement inconnues pour moi, ce qui fait que j'apprends tant à la lecture de son blog.

6. Jérémy Liron qui est un excellent peintre et qui anime un blog, Les Pas perdus, où il a tout le loisir de montrer toute l'étendue de ses connaissances et de sa perception de l'art et de la littérature.

Moi qui n’ai jamais su remplir le moindre questionnaire de façon intelligente - je veux dire que je me demande toujours avant de mettre une croix sur la réponse la plus tordue ce que cache la question – je me suis quand même plié en six, après m’être aidé des six facettes (12 en fait) que l’ami e-h, par ruse, a mis en file indienne ici.

Voici donc qu'à mon tour je lance mes six vérités, ou presque  :

(toucher le toton) 

Les nouveaux points (je crois) de cette chaîne (mais rien ne les y contraint!) sont donc, après avoir oscillé et scié à la scie les si en six sans soucis (enfin si quand même !) :

1 – Céline G, si le fil d’émois qu’elle tisse lui en laisse le temps... > lire (ici)

3 – " ? " :  le point (d’interrogation) qui fait les lignes de fuites, dont je me demande bien comment il peut tirer et crocheter aussi si vite l’horizon de la toile... > lire (ici)

4 -  le A de A.utres choses, s’il se déplace directement jusqu’ ici (ce qui n'est pas joué d'avance)..

5 – René Leplus qui, je le sais déjà, va m’envoyer me faire peindre (les moustaches) ailleurs, là où l’autre l’a suivi...

6 - Eric Chevillard, dont l’écriture journalière de l’autotictif est sans doute déjà plus qu’une forme de réponse (mais sans images)...

2 – J-F le Scour qui (p)répare, collecte, présente et emboîte toutes sortes de croûtes pour et depuis sa Fondation...


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And listen

Publié le par lili (pour ap)


« And listen to it, I never know, I don't know and I will never know if it's a diamon or a coin"
 


 « Et écoutons-le, je n'ai jamais su, je ne sais pas et je ne saurai jamais si c'est un diamant ou une pièce »

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Echo-mail (patrimoine)

Publié le par ap





Sophie Richelot - Musée des transports publics de Colombes, 09 - 2007

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Echo-mail (gravier)

Publié le par ap

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Céline Guillemin  (série Attente)

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Bouche d'ombre... et dégoût.

Publié le par collectif

Je reçois, par un ami, ce message en réaction à une information récente. A lire et à faire circuler :

"Tout enfant de CM2 adoptera un enfant juif sacrifié par la folie humaine. Pédagogues, psychologues, historiens, les experts s’alarment à juste titre de la dernière trouvaille présidentielle. C’est en tant qu’écrivain que cette initiative me choque : elle fait froid dans le dos. De l’Histoire, et de l’imaginaire.

Dans cette affaire, c’est toute la question de la réalité du Mal et de sa transmission à l’enfant qui est posée. Question politique et morale. Je ne crois aucun sujet inaccessible à l’enfant. Le tenir à l’écart du monde, lui éviter horreurs et souffrances relève d’un projet apparemment louable, pourtant une utopie sentimentale qui le condamne à l’infantilisation permanente, lui interdit accès à l’expérience sensible et à la connaissance tragique. Je pose que l’instrument qui élève l’enfant à la connaissance des réalités, toutes, est l’art. Le détour de l’art est la voie majeure par laquelle le monde se représente à nous, se présente une nouvelle fois sous les espèces de sa répétition sublime. Il offre la scène sur laquelle le monde dénonce sa réalité et, pour ce qui est de celle du Mal, y renverse en appropriation positive son pouvoir anéantissant. J’ai tenté de le montrer par la lecture du Petit Chaperon rouge, le plus abominable, le plus atroce des contes, et comme le prototype des récits du Mal. La fiction de l’horreur ne la domestique pas, ne l’exorcise ni ne la nie, mais la transcende en langage. Par les œuvres de la littérature, du cinéma ou du théâtre, l’enfant –l’homme – établit la distance de contemplation et d’appréhension qui lui donne espace et temps pour construire du sens, en délibérer et armer sa conscience.

Par le pouvoir magique du langage, sous les aspects de la feinte (même étymologie que fiction) le lecteur entre en une région où les personnages sont foule à configurer en lui des solidarités imaginaires, non assignées au réel mais rapportables à lui. Ulysse et Hamlet, Don Quichotte, Jean Valjean, Frankenstein, Cosette ou Lord Jim s’érigent en nous, fantômes substitués au réel et opérateurs de notre rapport au monde. Loin de nous en écarter, ils nous y ramènent et le réfléchissent. Tout enfant incline à la compagnie mentale d’un autre que lui, facteur fabuleux de son identité problématique, et de sa jeune humanité en devenir. Il s’y emploie, dès la toute enfance visité par les images et les contes, les récits de famille, et ceux de la littérature, dont la foule structure son imaginaire, sa pensée. C’est une des hautes fonctions de l’œuvre d’art que de produire ces êtres immatériels, d’en faire les instances invisibles de l’intelligence collective. Toute une vie ensuite, nous fréquentons ces singulières et universelles créatures qui, par l’artifice de l’art, doublent le monde de présences amies ou adverses, qui tourmentent et enchantent, proprement bouleversent le sujet en l’expatriant vers l’Autre, multiplient son aptitude à migrer vers des virtualités humaines et à s’adopter en elles.

Y compris à leur horreur. Et cela inclut le récit de vie, ou l’autobiographie dont, par pacte avec le lecteur, l’écrivain s’institue le témoin et garant d’une expérience existentielle. Si Primo Levi, Antelme ou Anne Franck instruisent une connaissance, c’est que leur acte de langage les autorise, à tous les sens du terme. Leur récit porte voix, unique, individuée, il articule le sens et l’approprie

Par quelle bouche d’ombre parlera l’enfant juif assassiné à la conscience de l’enfant de CM2 ?

Faire adopter un enfant mort par un autre enfant, lui en faire devoir, c’est le rendre comptable d’une charge immense, accablante ; d’autant que ce fantôme a son âge, qu’il est son semblable en petitesse et impouvoir ; imprégnation victimaire terrifiante et à quelle fin, sinon l’assujettir à sa perte, irréparable. Entreprise négative et destructrice, désespérante. Aucun personnage de fiction n’engage une telle colonisation de l’imaginaire, n’assigne à telles responsabilité et culpabilité. Qui ne rachètent ni n’exonèrent de rien, l’historien le sait. L’écrivain le sait. La fiction délivre, elle déploie ses virtualités ; avec elle, contre elle, s’invente une liberté. Greffer à une conscience enfantine cette figure de martyr que sa mort sanctifie, que l’ignominie des hommes sacralise pour mémoire, y annexer cet agneau sacrificiel par décret d’Etat et autorité d’école publique, cela relève du crime intellectuel et moral. Comment accueillir en soi la présence tutélaire d’un être qui existe en Histoire, et non en fiction, sans voix ni parole propre ? Dans cette région intime où s’ébauche la personne enfantine, ce dictat d’identification a quelque chose de totalitaire.

Tout est possible, promettait le candidat. Tout est impossible. Tout est d’un tel absolu qu’il enferme en soi son contraire et s’anéantit. Dans cette pensée totalisatrice, il ne reste aucune place pour enfoncer le coin de la spéculation théorique, du doute critique, ni celui de la pratique empirique. Tout absolutise le réel pour mieux le révoquer, convoque la totalité pour mieux l’absenter. Que la réalité soit partielle, contingente, accidentelle et lacunaire, qu’elle advienne en des formes interrogatives soumises sans cesse à l’exception et à la révision, cette formule terrible l’exclut, dans un déni redoutable.

Donnerons-nous quitus à Nicolas Sarkosy pour éduquer nos enfants ?

Anne-Marie Garat, Ecrivain"

 

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...et quelques merveilles!

Publié le par ap

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René Leplus "Sur la table, rue  Marechal",  Février 2008


Si voir existe à peine

Par chaque tour de roue avec son grincement
la charette qui vient vers toi chargée de foin
te calme et te fait mal on dirait que tu pèses
en un moment beaucoup plus lourd car elle traîne
après elle tout l'été que tu regardais
passer enfant sans le voir et c'est maintenant
que tu vois mais ça n'est plus lui ça n'est plus toi
rien qu'une odeur de foin un grincement de roue
dans un pays qui est ailleurs une autre vie
que veut dire oublier si voir existe à peine

Ludovic Janvier, La mer à boire, Poésie Gallimard,2006.

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Echo-mail 3 (les chambres)

Publié le par ap

220807-1.jpgCéline  Guillemin - Chez Leplus 08-2007

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Echo-mail 2 (Dans les plis)

Publié le par ap

rose3bis.jpgRe-né  Leplus "...ça s'arrose!",  2007

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