les jours sans fin

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(Vincent Cordebard)


                             figer le mouvement d’un corps balancé au fond d’une fosse décomposer en une succession d’images fixes quelques plans de films réalisés pour rendre compte de l’innommable stopper la chute retenir effaré la beauté d’un visage mutilé figer le mouvement d’un visage sans fin masque carcasses au fond d’une fosse stopper la chute retenir effaré la beauté décomposer en une succession d’images l’innommable repasser en boucle le balancement du cadavre écartelé secoué l’os sous la chair la douceur du regard masquant la douleur de l’innommable stopper la chute le pas de danse et l’écart en boucle le balancement d’un corps au fond d’une fosse retenir effaré la beauté l’os sur la chair la douceur du regard stopper la chute sans fin des jours et des nuits du froid ongles rognés carcasses sur la paillasse en une succession le corps la fosse au fond et l’écart en boucle d’un masque serein malgré la douleur encore effaré par l’innommable la beauté balancée stoppée sans fin rendre compte de l’innommable de l’os dans la douceur de la chair mutilée mis à jour dans la fosse figer pour retenir l’insaisissable cocher les jours comme les corps sans fin la beauté mutilée et le visage décomposé repasser en boucle le corps effaré compter les jours les fosses les nuits les ongles le froid de la chute en quelques plans décomposés


 

le dénombrement des corps 2004-2009

 

 

vincent cordebard

les jours sans fin

mémorial charles de gaulle

colombey les deux églises

13 octobre au 31 décembre 2009

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sophe 24/10/2009 10:56



Sur le commentaire d'Armand : Posez li dont (la question) !
Humm....



Anne-Marie Delpy 15/10/2009 17:57


C'est un très beau texte, une berceuse dont la douceur prend le coeur.


Armand Stroh 14/10/2009 11:31


NouS aurons l' occasion de revenir , puisque les jours sont sans fin, sur la question même qui de l' intérieur consume l' Humanité comme "homme en marche" , en chemin , donc en "exode" : Toujours
encore en train de sortir d' où elle vient : d'un "Réel" appelé aussi "Nature" , et dont la compréhension , dans le cadre d'une autre commémoration , celle des 150 ans "De l'origine des espèces" ,
est elle-même encore "inachevée" , permet sans doute de mieux "situer" les traces germinales balbutiantes qui "creusent" un tel chemin en cheminant ... Mais vers où ? Verrou verre ou vert , ouvert
en tout cas , si NouS le voulons ... Ce que je voudrais marquer ici seulement dans l' "évènement" inaugural du 12 octobre, c' est l'"instabulation" , opération "dédalique" , de cette carcasse de
bois parallélipédique où "Les jours sans fin" rongent leurs freins , au beau milieu du "Mémorial" dans une étrange résonance avec le jeu des "cubes" de la scénographie patrimoniale et mémoriale ,
dans l' axe même où de supposés "pères de l' Europe" , gentillement, se donnent la main : Une histoire de taureaux blancs y coule de source . "Les jours sans fins" y insta - bulle - tinent , au
coeur de ce "palais" symbolico-politique , une fermentation Rmuttante de l' "identité européenne" ? De quelles e - FRAC - sillons , nos "autorités" , présentes au "vert nid sage" , se sont-elles
ainsi , innocemment compromises , laissées "pasiphier" ? A vous donc d'en "ruminotaurer" les rêves aux lus sillons du 12 octobre , où chaque micro - entaille du "dénombrement des corps" n'est pas
qu'une simple répétition , "addition sans retenue" , du cercle immuable des "morts-vivants" .


sophe 11/10/2009 22:10



Oui, et je voudrais dire que le texte correspond avec l'oeuvre (comme je l'ai ressentie en tout cas)



espace-holbein 11/10/2009 10:19


Beau travail sur la mesure, sur le temps. J'aime la détermination.
Vincent Cordebard reste un grand.