cliché 41

Publié le par ap

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Je me suis souvenu, hier, en regardant la tapisserie qui compose l'arrière plan de cet autre cliché, de celle de l'appartement de ma grand-mère maternelle rue Puteaux à Paris, dans le 17e arrondissement.

Cette grand-mère, dont je m'aperçois aujourd'hui que je sais peu de choses, vivait là, seule, dans cet appartement vétuste, sinon insalubre. Nous ne nous rendions que très peu chez elle, une fois par an je crois, et encore, que je m'étonne que ce souvenir si lointain soit pourtant si précis par certains détails.

Derrière un porche fermé par une porte grise, on traversait une cour intérieure pavée. Au fond, sur la droite, un escalier étroit et sombre conduisait à don logement au premier étage (je ne crois pas l'avoir jamais gravi plus haut). La cage sentait la poussière et le gaz. Pour s'annoncer on faisait tourner une sorte de petite clé en cuivre qui déclenchait le bruit aigrelet d'une sonnette à ressort. On entrait par un couloir exigu qui tenait lieu de cuisine. Le séjour, qui donnait sur la rue, était encombré de divers meubles dont une imposante commode surmontée d'une plaque en marbre gris, une table circulaire couverte d'une nappe bulle et qui occupait le centre - et à vrai dire presque la totalité de la pièce -, dans un coin, près d'une cheminée condamnée par un poêle, un poste de télévision posée sur une table basse. C'est dans le séjour que se trouvait la fameuse tapisserie, épousant les courbes d'un mur aux angles irréguliers. Le reste de l'appartement était à l'image de cette pièce, une ou deux chambres et pas de sanitaires. Les toilettes étaient dans la cour.[...]



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