Clopin, clopan

Publié le par ap

Le regard dans le vague, j’attendais assis au volant sur le parking du supermarché de Marnay ; Marnay sur Ognon – sans liaison, car cela en froisse certains – pour être plus précis, car des Marnay, c’est comme Nogent, il y en a des tas. Face à moi, de l’autre côté du pare-brise, la vitrine d’une pharmacie, la seule du bourg.

« Arrêter de fumer sans prendre du poids ! » indiquait une publicité pour un palliatif au tabac. Ha oui, c’est vrai, tant qu’à devenir sain autant garder la ligne, rester séduisant…


Ca me fait penser que, quelques années en arrière, c’était la cigarette qui était un accessoire de séduction. Que seraient Rita Hayworth sans le nuage de fumée qui décolle de ses lèvres dans « Gilda », Humphrey Bogart dans « Le grand sommeil » ou Belmondo dès le premier plan de « A bout de souffle » ?

Ainsi pour aborder une personne il n’est plus de bon ton de dire « Pardon, avez-vous du feu ? » ou « T’as pas une tige ? » ou « Tu m’en roules une ? » - ce qui convenons en, au moins pour la dernière expression, était une belle entrée en matière…-.  « Voulez vous un patch? » n’est pas très prometteur, surtout si l’on ajoute « Je vous le colle où ? ». D’ailleurs, autant il était possible de partager une cigarette, autant il sera difficile de s’échanger un patch.

 

Il nous reste donc les bonbons et autres friandises. Vous me direz que proposer des bonbons à sucer reste dans l’ordre de la métaphore, mais là, attention il faudra veiller à ce que ce soit des bonbons « sans sucres ajoutés, très mauvais pour le cœur ! »

 

Je jette un coup d’œil à ma gauche, dans le rétroviseur extérieur. Un papé enfourne dans son coffre, depuis bientôt dix minutes, le contenu d’un caddy. Il fait chaque geste en prenant son temps, presque au ralentit. Je fais quelques images machinalement.



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