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Publié le par ap

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En 1967, Jean-Luc Godard tournait " Deux ou trois choses que je sais d'elle " un double portrait sociologique, celui d'une banlieue et celui d'une femme.

C'est donc à ce film et plus particulièrement à la citée des 400 filmée par ce cinéaste que je pense, ce soir, en regardant la photographie en plongée de cette barre. Une esplanade plutôt vide découpée d'un côté de parcelles de pelouses arrondies, bien entretenues, bordées de barrières basses (en rondins de bois?) et de l'autre, les ombres projetées des bâtiments. En son centre, un bassin circulaire vide en cette saison. Un seul arbre sans feuillage. Les façades rectilignes, agrémentées de balcons prennent appui sur un jeu de pilotis qui forment un porche sombre.

Cet univers propret, aseptisé et uniforme fût, en son temps (dans les années d'après guerre), en France, un model d'habitat urbain. Les cités flambant neuf annonçaient un avenir enfin radieux, l'ordre régnait, un nouvel âge d'or pouvait commencer. Quarante ans, après l'or y est devenu cendre, poussière grise et tags en prime.

 

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Il a retourné le vélo sur la pelouse. L’enfant se tient derrière tel un putti dans un tondo. La roue avant tourne sous l’impulsion de la main du jeune homme, l’enfant lève la sienne pour toucher les rayons.

Je repense (mais pour quelle raison ?) à cette sculpture que j’avais remis en état pour l’exposition « la rosée et l’arroseur creuse » qui était constituée d'un garde-boue montée sur une caisse à roulettes. la roue avait fait place à un mécanisme pivotant sur un axe que l'on pouvait actionner manuellement... :  "l'art ou l'être use"

Et puis surtout, je retrouve cette image faite cet automne, à Besançon, lors du concert « la symphonie mécanique ».

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