cliché 19

Publié le par ap


27

Une fenêtre fermée. Deux figures emboîtées. Une pièce dehors. Tout ça superposé sur quelques centimètres carrés. Pas moins, mais sûrement beaucoup plus !

Sur les masses noires se découpe la silhouette d’un buste de profil, sur lequel viennent se superposer les motifs d’une sorte d’escalier, des roches, la forme effilée d’arbres (des peupliers ?) et quelques fragments épars d’un motif ornemental suggérant une ferronnerie de grille. Dans ce qui semble être un parc (ou un jardin), une autre figure de profil, plus petite, vêtue d’une robe blanche, tenant à la main un livre, est assise sur un bloc de pierre. La masse sombre en contre-jour de la première figure semble être, littéralement, habitée par la seconde au point que le contour du visage de l’une se superpose à celui de l’autre.

Confusion spatiale que seule une probable surimpression de prise de vue sur un même négatif (une même plaque ?) a pu rendre possible. Alchimie du hasard qui, mettant l’une dans l’autre, écrase la temporalité, ou plutôt rend tangible la profondeur temporelle, ici et là-bas étant soudain tout à l’heure et maintenant.

L’accident photographique ici destructeur du sujet (des sujets) mais révélateur d’un laps et simultanément d’une histoire, même si c’est dans ses lacunes.



J’ai retrouvé ces jours-ci, dans les pages d’un carnet, cette autre photographie, montrant Odile dans sa chambre de la citée universitaire à Aix en Provence vers 1986. Si l’effet (la superposition) semble les réunir, le motif photographié n’est pas du même ordre puisqu’il ne s’agissait ici que d’un simple jeu de vitre.


Publié dans notes sur clichés

Commenter cet article