Amorces (4)

Publié le par ap

Friche, La levée, Tavier sont les trois premiers textes d'un récit qui pour l'instant a pour titre "Amorces".  Je n'ai aucune idée de ce qui va advenir de ces personnages, apparus un jour de forte fièvre ... Ceci est donc une invitation à ceux qui auraient envie d'en écrire la suite  autrement dit ces amorces sont une proposition d'écriture.


 > Planches (sur étaton)

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4 - Rue du saut de l'ange

Il existait, dans le quartier sud de la ville, une tour en construction depuis des années. Un grand projet architectural qui avait défrayé la chronique lors de son lancement.

Le 5005 devait comprendre autant d’étages que l’indiquait son nom. La tour, conçue comme une hélice, pouvait, aux dires des concepteurs, atteindre la première couche des nuages roses qui couvraient la ville.

Le chantier démarré il y quatre ans s’était soudainement interrompu à 1500 étages. Tout le dispositif  d’élévation était resté en place, mais plus personne n’était venu sur le chantier. La presse indépendante locale avait crié au scandale car les dépenses engagées par an pour la construction étaient à peu de » choses près égales à celles du budget du service ministériel de la nutrition pour vingt ans.

Mais la chose la plus préoccupante était que, depuis l’arrêt des travaux, le bâtiment était devenu le premier lieu de suicides de la ville. Tous les jours, entre trente et cinquante personnes sautaient de la tour. Les plus courageux montaient au sommet, mais la plupart se laissaient tomber des premiers étages. Les dispensaires des différentes zones de la ville voyaient donc arriver en urgence nombres de ces désespérés…

En fait, tous n’étaient pas désespérés, ils venaient simplement tenter leur chance  comme disaient les rescapés, pour une raison ou pour une autre… Chacun avait les siennes et aucun service des maladies de l’âme ne pouvait expliquer pour quelle raison toutes ces personnes avaient décidé de s’affranchir Rue du saut de l’ange. Certains, qui depuis le début, prétendaient que cette tour était une malédiction, trouvaient là l’unique réponse à ces sauts. D’autres supposaient que la tour était de part sa structure devenue l’emblème « des délaissé pris dans la spirale sociale », d’autres encore prétendaient que les aimants électromagnétiques des fondations pouvaient être responsables de tels comportements.

J’habitais à deux pas de la tour et j’avais déjà assisté à plusieurs vols planés sans jamais avoir été moi-même tenté de franchir le grillage du chantier. Ceux auxquels j’avais prodigué les premiers soins disaient ne pas savoir pourquoi ils étaient attirés vers l’Hélice. Tout cela restait mystérieux.

[…]

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