Le dessin du fleuve qui les charie.

Publié le par ap


"(M'abîmant dans le spectacle du fort courant où dérivent les embâcles, m'arriverait-il parfois d'oublier le dessin du fleuve qui les charrie?)


Ainsi donc, comtemplant ces épaves, je m'adosse et je scrute, estimant l'engorgement du fleuve comme substance vive de la peinture - sinon comme raison de peindre. peindre, d'ailleurs, serait-ce donner une forme à l'en-trop du monde?
Comme regarder le ciel et trouver un nom aux nuages qui défilent. Et, dans l'ordre, énoncer : une figure dansante, un buisson d'épines, une main fermée, un temple biffé, une plante vénéneuse, un coprs convulsé, c'est tout. C'est tout, et c'est déjà là la terrible mutité de la peinture, quand elle se heurte à ces images et qu'elle se clôt sur ce qui, inmanquablement, la nomme
"

(Gérard Titus-Carmel, "Epars",  Le retrait, le surcroît, P.188 - Ed. Le temps qu'il fait 2003)


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