Echos de l'ombre passée

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Quelque part dans la jungle, en Inde, non loin de Morristown, dernier bastion de la civilisation occidentale, règne en monarque « détenteur de son bon droit », le Fantôme, autrement surnommé par les indigènes : L'Ombre qui marche.

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Un corps athlètique moulé dans un costume mauve (ou rouge, selon l’époque et l’édition), une culotte zébrée et chaussé de bottes noires. La tête est dissimulée sous une cagoule et le regard sous un masque noir. Tapis dans l’ombre, il observe se proies. Agile comme un singe, il joue facilement les monte-en-l’air. Rapide comme un fauve, il fond sur ses ennemis. Ajoutons également que le personnage porte à la ceinture deux pistolets qu’il dégaine facilement. Le Fantôme est souvent accompagné, dans ses aventures, par un fidèle compagnon, un chien loup du nom de Satan, et monte à l’occasion un superbe coursier blanc...

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Ceux qui 
se mettent en travers de l'Ombre qui marche (en marchant dessus) en sont généralement pour leurs frais. Usant tantôt de ses armes automatiques, tantôt de ses poings, le colosse masqué et culotté n’hésite pas à cogner fort, laissant sur le visage de ses victimes une marque indélébile - procédé qui n'est pas sans rappeler la marque au fer chaud que l’on appliquait pour les condamnés aux galères -. Cette marque du Fantôme, qu'il appose avec sa bague de combat (main droite) représente un crâne humain. A sa main gauche (pas celle du saigneur), Le Fantôme possède une autre bague, ornée d’un autre dessin, le signe du bien, sorte de monograme reprenant en croix l'initiale de son surnom (Phantom)  et qui assure à ceux qui l'arborent une totale protection du héros.

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Lorsqu'il se rend en ville pour faire ses courses où, d'une façon plus générale, dès qu'il sort de sa jungle, le Fantôme reprend une apparence plus civilisée, endossant l’imperméable, le chapeau et les lunettes d'usage. Cet uniforme banal ne lui évite cependant pas toujours les déconvenues de mauvaises rencontres...

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Beaucoup plus radical et expéditif que Mandrake, ce personnage obscur et secret est en réalité un être  inquiétant, assoiffé de vengeance. Sa biographie en témoigne :

"En 1525, un jeune aristocrate, Sir Christopher Standish, s'embarque en compagnie de son père pour aller faire du commerce en Orient. En plein golfe du Bengale, le navire sur lequel ils sont embarqués est attaqué par des pirates chinois. Le père est tué sous les yeux du jeune Christopher. Laissé pour mort, emporté par une tempête, il est recueilli par des indigènes qui n'avaient jamais vu d'homme blanc :  il devient aussitôt, pour la tribu, une sorte de Dieu. Quelques temps plus tard, la mer rejète sur le même rivage un pirate portant les vêtements de son père. Devant ce signe funeste du destin, le jeune homme décide de prêter un terrible serment sur le crâne de l'assasin de son père; "Je jure vengeance contre toutes formes de piraterie, cupidité et cruauté. Je jure que tant que j'aurai des descendants sur Terre, l'aîné devra continuer mon oeuvre".(*)

Ainsi, face aux forfaits
de la menue racaille ou face à la violence, il affiche une farouche détermination à imposer son propre code de justice, dans une société qu’il juge impuissante à faire respecter l'ordre et la loi. Il sait y mettre les formes!

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Imaginé par Lee Falk (1911-1999), également auteur de Mandrake le Magicien, c’est sous la forme d’un strip quotidien que débute officiellement, le 17 février 1936, l’existence de ce mystérieux personnage baptisé Le Fantôme (The Phantom). Le dessin sera confié, dans un premier temps, à Ray Moore (1906 -1984).

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Il faut bien avouer cependant que, si la forme de ces différentes histoires est assez répétitive, l’impact des balles ou des poings de ce justicier masqué - sorte de précurseur des figures de super-héros qui marquera bientôt l’imaginaire de la bande dessinée Américaine - reste considérable (surtout au second degrès).

Pourtant, la vrai particularité du récit sera d'imaginer plusieurs générations de Fantômes, se succédant derrière le masque, donnant ainsi naissance à la légende de l'immortalité du héros. Il parait d’ailleurs qu’il se trouve encore, aujourd’hui, quelques descendants disséminés aux quatre coins de la planète qui, depuis l’ombre de la boîte crânienne de la grotte qui leur sert de repaire, continuent à se croire investis de cette mission.

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