West End (1 - les Professionnels)

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Les Professionnels (1966) réalisé par Richard Brooks est l’un de ces westerns qui marque, d’une certaine façon, la fin d’un genre autant que d’une époque. En effet, si tous les ingrédients semblent réunis, à commencer par le décor les accessoires (colts, trains, chevaux…) le monde moderne est présent dès les premières images avec l’arrivée d’une automobile. Ici ce sont davantage les analyses du comportement humain que celui d’un simple film d’action que le réalisateur se propose d’aborder.

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Pourtant, l’argument de départ des Professionnels est à priori simpliste : Grant, un riche propriétaire américain, engage quatre mercenaires pour aller délivrer sa femme retenue prisonnière de Raza, un rebelle mexicain.

Ici, on serait donc loin de la quête morale ou de l’esprit de vengeance qui animait Ethan Edwards, le personnage complexe interprété par John Wayne dans La prisonnière du désert de John Ford.

Si l’expédition réussit grâce aux compétences et à la résolution de ces quatre hommes - et à grands renforts de balles et de dynamite - ceux-ci découvriront après coup que le motif de la rançon, avancé au départ par Grant, n’était sans doute pas la vraie raison de la disparition de cette femme.

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La scène d’affrontement final, dans le canyon, et plus particulièrement le dialogue qui suit la fusillade entre l’un des mercenaires, Dolworth (autrefois engagé aux côtés des révolutionnaires mexicains) et Raza, est sans doute l’une des plus significative du propos de ce film.

Qu’est-ce qui vaut la peine de se battre, qu’est ce qui vaut la peine de mourir ?


Sûrement pas l’argent, même si c’est l’un des arguments récurent évoqué par Dolworth, peut-être pas même les idéaux politiques, aussi généreux et utopiques soient-ils, comme l’étaient ceux de la révolution mexicaine, encore moins une femme… Or, c’est bien sur ce dernier point que se noue et se dénoue le récit car « sans amour, sans cause on est rien» dit en substance Raza dans les propos qu’il échange avec Dolworth. Ici, couchés tels des reptiles sur les roches brûlantes du canyon, devisant sur le sens de la vie, les rôles semblent se renverser.

Il faudra cependant la mort de son ancienne maîtresse mexicaine, Chiquita, restée fidèle à Raza jusqu’au bout, au point de se sacrifier dans une ultime tentative de forcer le passage, pour que Dolworth réalise enfin qu’il s’est trompé.


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Le western n’est plus - et n’a peut-être jamais été, ailleurs que dans les films – cette épopée épique ou héroïque de la conquête, ni ces règlements de comptes entre truands et honnêtes hommes.

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