cliché 45

Publié le par ap

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La route descendait tout droit jusqu’au village, comme ici, mais ce n’était pas cette maison là. Moins carrée, moins massive. Abritée derrière une grille ou s’enlaçaient les bras noueux d’une glycine et quelques branches d’un rosier liane. L’ombre d’un grand arbre (un tilleul peut-être ?) couvrait la courette pavée de dalles disjointes. Des volets toujours tirés en été et la porte qui donnait sur la cuisine fermée par un rideau de lamelles multicolores d’où s’échappaient bien avant l’heure du repas les bruits de casseroles ou du cliquetis du hachoir sur le billot.

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Olga essuyait ses grandes mains osseuses à plat sur son tablier bleu parsemé de petites fleurs blanches. Olga appelait ses chats en claquant la langue. Olga serrait des pinces à linges dans sa bouche en tirant sur les draps suspendus aux fils de l’étendoir. Olga assise penchée sur le fauteuil d’osier, lisait le journal en tenant ses lunettes pliées à la main comme on le ferait d’une loupe. Olga arrosait ses jardinières en pinçant les fleurs fanées entre le pouce et l’index. Olga reprisait des robes, penchée sous le carré clair de la fenêtre en tendant le cou. Olga souriait en tirant sur le poil blanc qu’elle avait en guise de barbichette.

De quelle couleur étaient les cheveux d’Olga ? Et ses yeux ?

[…]

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