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études # 60, 63

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Huiles sur toile - Cult

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Série noire

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Catwalk - Black Cat Crossing  (no name party)

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Le chaos immobile

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(Colette Portal)

DSC05690.jpgDSC05699.jpgDSC05692.jpgDSC05693.jpgDSC05765.jpgDSC05707.jpgDSC05764.jpgDSC05706.jpgDSC05766.jpgpano1.jpg21 et 22 .02. 2010, Chaumont

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Colette Portal I Le chaos immobile

Exposition au Centre IUFM de Chaumont (52)

du 23 février au 23 Mars 2010

 

> Le site de Colette Portal

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Autant en emportent les pierres

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(Colette Portal)

 

« Les terres rouges sortent d’un abîme. Je commence à me séparer du paysage, à le voir. Voyez, c’est aussi une genèse de l’œil cette histoire, au moment du pur chaos, pas d’œil, il est fondu, l’œil est tout rouge, il ne voit plus rien. Je commence à voir le paysage. Je m’en dégage avec cette première, je m’en dégage du paysage, ça veut dire qu’il y a un rapport de vision. Je m’en dégage avec cette première esquisse géologique, la géométrie, mesure de la terre. [...] Ce premier moment, très pictural, c’est le moment du chaos. Il faut passer par ce chaos. Et qu’est ce qui sort de ce chaos selon Cézanne ? L’armature. L’armature de la toile. Voilà que les grands plans, se dessinent. Tout tombe d’aplomb. C’est déjà un danger. »

 

 

Gilles Deleuze, La peinture et la question des concepts, (séminaire) 1981,

 


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Corps couchés dans l’arène de granit, allongés immobiles entre les phalanges râpeuses et découpées du décor végétal. Géants gisants, faciès simiesques, silhouettes minérales aux allures animales. Boules suspendues en équilibre précaire, surgissant au bord d’un chemin accidenté, enchâssées au fond d’une clairière ombragée ou entre les plis de la lande… On les a ainsi affublées de patronymes imagés ou oniriques : rocher branlant, pierre tremblante, pierre folle, pierre fade, roche tournante, la table des géants… Ces êtres de silice ont hanté l’imaginaire et servi, dans certains cas, à façonner légendes et récits fantastiques. Ici se tient le guerrier assoupi et pétrifié, là se dissimulent les portes dérobées des lutins et des fées, ailleurs se dressent des autels sacrificiels

 

Constitués d’empilements particuliers de blocs, ces sites ont longtemps été perçus comme des manifestations surnaturelles du paysage, aussi, rien d’étonnant à ce que l’humanité fascinée et craintive leur ai prêté des fonctions magiques. Pourtant, sans que cela ne retire rien au charme, on le sait aujourd’hui, les chaos granitiques sont dus aux érosions millénaires, aux effondrements de terrains et aux éboulements que le hasard a savamment disposés.

 

Et d’ailleurs, nos grains d’humanité, les premiers balbutiements de la pensée ne sont-ils pas pour grande part liés à la pierre, de ses anfractuosités naturelles qui servirent d’abris et de caches aux nucléus taillés en pointes acérées. Ecailler, concasser, polir : les premiers gestes de transformation du matériau minéral sont à l’image de ce que l’homme a su observer des phénomènes  naturels (processus de modélisation ?); ils sont aussi, sans doute, comme le soulignait André Leroi-Gourhan dans son ouvrage Le geste et la parole (1965), à l’origine du langage : «  Il y a possibilité de langage à partir du moment où la préhistoire livre des outils, puisque outils et langage sont liés neurologiquement et puisque l'un et l'autre sont indissociables de la structure sociale de l'humanité ».

 

chaos_portal.jpg

 

Attiré par le monumental autant que par le microscopique (rapports d’échelles qui sont présents dans une grande partie de son travail), sensible aux états changeants du paysage, (sa lumière autant que ses lignes), marquant surtout une réelle empathie pour le minéral dans tous ses états (des falaises de craie aux ruines de Pompéi), le regard de Colette Portal s’est naturellement tourné vers ces blocs premiers, ces « pierres mères ».

 

Séduite par leurs présences envoûtantes, elle les a, tour à tour, approchées, observées, touchées, apprivoisées, en gardant à l’esprit toute l’ambiguïté qu’imposaient ces objets de projections anthropomorphes (comme le sont aussi d’ailleurs les nuages ou les troncs des arbres…). Jouant à nous égarer à la lisière des songes et de la réalité, glissant volontairement de ces manifestations naturelles à celles d’autres sites mégalithiques (faits de pierres levées, posées, alignées ou sculptées par la main de l’homme), revisitant les abris sous roche, s’attachant aux lignes sinueuses des végétaux enfermés au cœur des pierres, restituant les premières traces de l’humanité incisées au creux de la peau granuleuse des roches, l’artiste reconstruit, par une pratique alternée du dessin et de la prise de vue photographique, ces lieux et ces figures séculaires qui abritèrent les premiers balbutiements de l’humanité où se manifestèrent les premières craintes et les premiers désirs. Les premiers mots et les premiers rires.

 

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Le chaos immobile pourrait apparaitre, à première vue, comme une promenade historique, un retour sur les lieux et les signes d‘une histoire première. Il apparait bien vite, cependant, que ce travail ne se limite pas à cette seule dimension. Prenant appui sur les figures et les histoires qu’elles charrient, Collette Portal, en choisissant de réunir ces sites, leurs formes emblématiques, les résonnances graphiques ou symboliques qu’elle y perçoit, déborde le simple registre illustratif.


 

Les photographies, par exemple, s’attachent moins à documenter scientifiquement les lieux qu’à en explorer les marges, ou à en extraire des métaphores : ainsi en va-t-il des ombres des feuilles caressant  la surface douce des roches, du bosselé poli suggérant l’os sous la peau tendue, des éclats du quartz (ou du grès) rappelant le grain de peau, des découpes dentelées des fougères s’enroulant sur les rondeurs fermes d’une anatomie féminine.

 

Les blocs pommelés alignés en sous-bois sont tantôt des fruits tantôt des cétacés échoués, ce dolmen, qui vibre sous la pleine lune a le tranchant acéré d’une lame ou l’audace d’une langue dardée. L’image (ou le souvenir) du corps est sous-jacente, embusquée dans les replis de ce paysage minéral, monstres endormis, nymphes sensuelles, guerrier farouche.

 

Cet aspect métaphorique est sans doute plus visible encore dans le travail graphique. Le trait nerveux du crayon est propice à d’autres apparitions, à d’autres métamorphoses. Les effets d’éclairages parfois crus sculptent l’ombre en d’étranges silhouettes.

 

Sous les saccades de hachures enroulées la pierre n’a plus tout a fait sa substance rugueuse d‘origine. Livrés à l’enfouissement de la mine de graphite, aux patines des gommages, aux nodosités des lignes, aux rehauts d’aquarelle, les sujets représentés mutent un à un : une cavité convoque les entrailles, la courbe d’un chemin creux bordé de pierres érodées l’alignement d‘une dentition, les amas chaotiques d’étonnantes figures totémiques, la roche devient muqueuse, l’eau a soudain la consistance de la lave refroidie, le végétal se fait l’échos des griffures d’un ciel où roulent des vagues de nuages, les éboulis en suspension sur les crêtes rejoignent l’accumulation des nuées sur la nappe liquide.


2010-02-20_000703.jpg

 

Les éléments s’enchevêtrent ou se confondent comme en témoignent les traces fossiles, les strates sédimentaires, les plis et les poussées telluriques. Mémoires recroquevillées des balbutiements.

 

Si besoin était de signaler une filiation à cette lente restitution (reconstruction) de ce paysage primitif, ce n’est pas tant du côté des dessins géologiques, des relevés archéologiques qu’il faudrait tourner ses regards, que de certains travaux de Gaspard Friedrich ou de Hercule Seghers, puisque la force des éléments et leurs métamorphoses y sont, là aussi, à l’œuvre. On se souviendra, pour l’un, du mouvement d’un ciel compact venant frôler le dos arrondis d’un dolmen, de la lumière sourde éparpillée sur le sable humide entre les roches sombres, pour l’autre, de la densité mouvante d’une colline vermiculée de mille cavités, des ourlets doux et cotonneux des arbres que seule la couleur détache (parfois) des plis du ravin.

 

On pensera encore aux encres de Victor Hugo, non pour la vision romantique de la nature et des reliefs d’architecture qu’elles figurent, mais pour les surgissements qu’elles portent entre l’incision de la plume et la nappe transparente d’un lavis.

 

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Colette Portal I Le chaos immobile

Exposition au Centre IUFM de Chaumont (52)

du 23 février au 23 Mars 2010

 

> Le site de Colette Portal

 

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De ce roulement au ciel de la peinture

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friedrichciels.jpgDétails de ciels chez Caspard David Frierdrich


 

Un roulement sourd, là-bas, suivi de craquements secs. L’asphalte liquide qui enfle contre les récifs, l’horizon qui se plisse et se tend, racle et claque comme une voile détachée.

 

Bourrasques qui ourlent la chevelure des longues graminées, secouent les frondaisons et dispersent les feuilles en tourbillons rapides.

 

Le ciel s’amoncelle en paquets bruns prêts à lapider la terre. L’argent de l’écume se déploie en gerbes. Des vagues brunes arasent le coteau.

 

La voûte sombre se déchire : des poches d’eau crèvent du plafond mobile, le ciel fond littéralement et engloutit la terre. Les flots se déchainent en cataractes, torrents, coulées. Les flancs saignés des collines dégorgent et crachent une boue rougeâtre.

 

Puis le vent fléchit, le tohubohu freine sa course. Les assauts marins tempèrent leurs ardeurs, la forêt s’égoutte. L’azur lavé pointe entre les paquets de laine défaits.

 

Du sol détrempé montent des vapeurs, l’eau se retire entre les pierres, s’infiltre jusque dans des failles profondes, laissant échoués de grands monstres à la peau lisse, figures douces et inquiétantes. Déjà  l’homme polit la pierre.


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La marée du fond des âges

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vague6

« Les grandes Vagues, celle de Berlin, prodigieuse, une des trouvailles du siècle, bien plus palpitante, plus gonflée, d’un vert plus baveux, d’un orange plus sale, que celle d’ici avec son enchevêtrement écumeux, sa marée qui vient du fond des âges, tout son ciel loqueteux et son âpreté livide. On la reçoit en pleine poitrine. On recule. Toute la salle sent l’embrun. »


Paul Cézanne (propos rapportés par J.Gasquet, Conversations avec Cézanne)


vague2Gustave Courbet,  "Paysage de mer" (détails) - vers1870

 

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nouvelles de la marge (suite #4)

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DSC05657.jpgChantier du 18 02

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"Il y a une lettre où Cézanne dit "ça ne va pas". Il dit : "les plans tombent les uns sur les autres". Là ça peut échouer, c’est un premier coefficient d’échec possible, la distinction des plans peut très bien ne pas arriver à se faire. La distinction des plans se fait à partir du chaos.

Bon, si le chaos prend tout, si rien ne sort du chaos, si le chaos reste chaos, les plans tombent les uns sur les autres, au lieu de tomber d’aplomb. Le tableau il est déjà foutu, il est déjà foutu avant d’avoir commencé.

C’est ça la merde, et c’est vrai que dans les expériences du peintre, il y a des trucs, ça marche, ça ne marche pas, je suis bloqué, je ne suis pas bloqué."


Gilles Deleuze, La peinture et la question des concepts, (séminaire) 1981.

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nouvelles de la marge (suite #3)

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DSC05647.jpgDSC05642b.jpgAtelier du 17 02 2010 - Huiles /reprises .

 

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nouvelles de la marge (suite #2)

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agostini_atelier_02_2010.jpgGouaches sur papier,  01-02 / 2010. Cult

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K et L

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William Eggleston - Karen et Lesa, Memphis, Tennessee, 1973


"Les détails ne sont plus aussi précis maintenant, mais chacun s'entend sur le fait que l'image a été prise à Memphis, dans le Tennessee, une nuit d'été en 1973. [...] " >> Smithsonian Magazine

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