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"...de la sauce sur les cailloux."

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" - Qu'est ce que vous faites là?
  - Moi j'attends, j'ai bricolé mon cadrage. "




Jean-Marie Straub - extrait de Où gît votre sourire enfoui ? - Pedro Costa, 2001


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Obstination silencieuse

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« Derrière ma fenêtre, à quelque trois cents mètres, la forme vert sombre d’un bouquet d’arbres, montagne de feuilles et de branches qui chancelle et menace de s’effondrer. Une foule de hêtres, bouleaux, trembles et frênes, tous ramassés sur une petite butte, leurs cimes confondues en une même masse liquide, échine de mer convulsée. Le vent les secoue et les fouette jusqu’à les faire hurler. Les arbres se tordent, plient, se redressent à grand fracas, s’étirent comme s’ils songeaient à se déraciner, à s’enfuir. Non, ils ne cèdent pas. Douleur des racines et des feuillages rompus, féroce ténacité végétale non  moins puissante que celle des animaux et des hommes. Si ces arbres-là se mettaient en marche, ils détruiraient tout sur leur passage. Ils préfèrent rester là où ils sont : ils ils n’ont pas de sang ou de nerfs mais de la sève, et ce n’est pas la colère ou la peur mais une obstination silencieuse qui les habite. Les animaux fuient ou attaquent, les arbres demeurent cloués en leur lieu et place. Patience : héroïsme végétal. »

 

Octavio Paz, Le singe grammairien, « Les sentiers de la création », Albert Skira Editeur, 1972 -  P.11

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erre(s)*

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"Ainsi l'image que l'on porte en avance ou en retard du monde
.
A l'issue du trajet quelque chose en nous continue d'avancer."

 

 

 

* (Erre [er] n.f. – XIIe « voyage, route » : de l’a. fr errer, de iterare > 1. errant. - manière d’avancer, de marcher. > allure, train, vitesse. LOC. Aller grand-erre, grand’erre, belle erre, à bonne allure. «  Ils détalaient grand’erre et comme s’ils eussent eu les chiens aux trousses » (Gaut.). 2. (marine) - Vitesse acquise d’un bâtiment sur lequel n’agit plus le propulseur. Diminuer l’erre. LOC, Se laisser glisser, continuer sur son erre, > lancée. « Le nageur se laissa glisser sur son erre » (Giono). 3. au Plur. Erres, Traces (d’un animal). Les erres d’un cerf.  HOM. Air, aire, ère, haire, hère, 1r…). Le Nouveau Petit Robert, 1993




C’est un chemin de peintures, ponctué de mots, de textes : petits blocs blancs ou bornes, stations faisant écho, en strates superposées, aux alignements des façades.

 

La figure des bâtiments y siège à toutes échelles détachée contre  le plan du ciel qui tient lieu d’horizon, bleu  invariant et bleus variant en intensité selon l’aplomb et l’humeur des murs, des fenêtres et des balcons. Personne en vue.

 

"Les immeubles, le livre, le tableau comme images de nous enfin rassemblées."1

 

Ici, des ensembles dont les couleurs, en jacquard, se souviennent d’un costume d’arlequin, là une arcade dont l’ombre retient les bribes d’un quotidien, ailleurs, une résidence bardée, caparaçonnée, de fer et de verre, et plus loin encore l’angle rude du béton gris ou les géométries acérées d’un gymnase posé sur une bande de vert cru.    

 

"En devant de soi le monde confus se dilate, en dehors de tout langage fixé ou de tout usage. J’imagine un faisceau isolant dans l’étendue opaque, épaisse, quelque chose qui ressemble à la possibilité d’un lieu."1

 

Le gris du béton, qui de loin exprimait une dureté têtue, se révèle être, de plus près, un jus granuleux, effet de glacis qui s’épanche sous le flux de l’essence. Le ciel procède bien souvent d’un recouvrement opaque et dense qui mord et bave, par endroits, sur les tracés tendus et les poches végétales. Les lignes même de ces architectures, qui semblent tirées au cordeau, sont pourtant d’abord hésitantes et tremblées, les perspectives chahutées. Le bâtit est d’abord ici organique : c’est un corps et une substance.

 

Ces structures linéaires emboîtées, enchâssées, ces surfaces découpées de mille et une ouvertures, ces charpentes et ces volumes éperonnant l’horizon, ces écrans de projections où se déposent des motifs sériels sont d’abord - siçnon des portraits ou des blasons d’un monde urbain - des cribles où s’exercent , sous les gestes de celui qui les invente, toutes les combinaisons sensibles de ce que les clichés glacés , glanés au long des routes, ne contiendront jamais de distance et d’impureté.

 


"Il se pourrait qu’un immeuble ne soit qu’un point culminant dans notre pratique des périphéries, maintenu dans le mouvement et le bruit par la dimension, la disposition spéciale, l’évidence essentielle de sa silhouette. Quelque part émergeant de la réalité « chinoise », déjà littérature."1

 

Car ce n’est pas tant les villes ou les cités qui surgissent et s’imposent sur ces papiers et sur ces toiles, mais bien la peinture.

 

 



Jeremy Liron - erre(s)

Exposition du 04-05  au 19-06 2009

Centre IUFM de Chaumont


__

1 - Les citations sont extraites de « le livre, l’immeuble et le tableau », Jeremy Liron, publie.net 


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Le CRI

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(Pour un Cinéma de Rue Itinérant)



"Nous ne souhaitions pas concevoir une machine permettant de remplacer l’homme mais dotée de nouvelles fonctionnalités, capable de transporter des données et d’offrir des échanges culturels. Partant de l’idée que la ville du futur serait un espace dans lequel l’image est omniprésente, nous avons alors imaginé un "cinéma de rue itinérant", baptisé le CRI : un robot électrique qui sillonnerait la ville et projetterait sur ses murs des films, des courts-métrages, des documentaires, des vidéos issues du site de partage « You Tube » ayant un apport culturel…" Clément Bitton élève de l'ISEP et co-créateur du projet (1)


"Le CRI est un robot qui déambule dans l'espace urbain et projette des films sur différents supports (façades, murs, etc). C'est un relais des petits cinémas d'arts et d'essais qui sont en train de disparaître et une interprétation high tech du traditionnel cinéma itinérant.

[...]

Le robot-ciné serait lié à une plateforme web, d'où l'on pourrait consulter la programmation, suivre les déambulations journalières du robot ou proposer de nouveaux films.

Le CRI est une nouvelle manière d'investir l'espace urbain et une nouvelle forme de convivialité de rue. Le robot occupe un espace par la projection d'images, mais cette occupation est virtuelle. La véritable occupation est générée par les spectateurs et leur comportement dans le lieu (amener des chaises, s'asseoir par terre, discuter, échanger, etc). Ainsi le robot ne vient pas surcharger l'espace urbain de technologies aux dépends de la vie de la rue. Au contraire, il favorise l'appropriation de la rue par les citoyens et créer du lien social. Le robot ne laisse aucunes traces, il ne fait que prendre la ville comme écran."(2)

 

__


Projet réalisé par des élèves de l'ENSCI - Ecolé Nationale Supérieure de Création industrielle (2 étudiants) et de l'ISEP (4 étudiants) dans le cadre du concours Robotcité 2008 organisé par la FING et Planète Science.

source 1 :  innovation (le journal)
source 2  :  robcite.fr
source 3 (captures d'écran) : Alex Morales - Viméo

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Etats de lieux

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(livraison)



 


 




Etats de lieux
Danièle Faugeras / Philippe Agostini

ProposI2 éditions, 2009


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Ce qui défile

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Jeremy Liron - La Mancha


"La vitre nous protège. La vitre est un abri autant qu’un poste d’observation. La vitre est un cadre, le seul possible pour mesurer combien se produit sur nous la diffraction sensible qui nous permet de nous saisir du monde, en retour. Ce qui passe au-dehors produit sur nous l’immobilité qui nous le fait voir : voir ce que le monde cache tant qu’il demeure immobile ; comprendre aussi ce que le renversement des positions engage dans cette perception non des lignes du monde mais de son trajet, littéralement, en mouvement. Quand le train longe la route et dans un souffle dépasse des véhicules, l’impression première (que les voitures sont happées en arrière) ne dure pas. Bientôt s’impose une autre évidence : chaque voiture avalée accélère encore, par contraste, la marche du train — semble même doubler sa vitesse, nourrissant la hâte d’une dévoration toujours plus avide d’elle même.


Ce qu’on laisse derrière soi, à côté de soi — moins des routes qui vont, que des chemins qui partent : des lignes de fuite interrompues par l’horizon."


Extrait de La Mancha, Arnaud Maïsetti et Jérémy Liron - (publie.net, 2009, p. 7-9)

 

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études #50

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Huile sur toile, 04.2009, Cult

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Dérives

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William Eggleston,
Stranded in canton
- Kids, Furry, Pretty Chick - 1973


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Une vénus de nigth-club

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« Malgré les courants qui succèdent aux courants, font les modes et imposent sans trop qu’on sache pourquoi de nouvelles orientations, avec une fréquence, à notre époque, de plus en plus accélérée. Soucis de surtout éviter la répétition, la stagnation, de montrer ce qui n’a pas encore été montré. Innover à tout prix. Et sans cesse se renouveler. Avec en parallèle la recherche aux quatres coins du monde des écoles les plus exotiques. Casser les moules. Et à l’improviste, oubliant le dynamisme initial de destruction, rechuter lamentablement dans tous les classicismes. Tout cela avec force théorisations. Il paraît que la fièvre culturelle s’inquièterait de précipiter une mutation du futur.

Angoisse et névrose. Les formes ont beau jeu de se faire et défaire, le regard n’en aura jamais fini de la perplexité. Levé sur le spectacle inchangé d’un ciel nocturne, il n’est pas plus libéré des questions que celui d’un australopithèque. Encore faut-il qu’il se trouve le temps de plonger au-dessus des immeubles. La raison commande de la démythification et, certes, les chastes gravures libertines de nos grands-papas ne font plus le poids devant la moindre séquence du dernier film classé X, mais le mythe d’Eros a encore, dieu (Eros) merci, sous sa nudité écartelée sous les spots, de quoi titiller le rationaliste le plus débandant, au moment où il s’y attend le moins.

Non la bannière américaine plantée raide sur le sol lunaire ne peut en rien réduire la magie de la planète vague. Question de regard.
Oui, question de regard quand, sous la petite lampe rouge de mon labo-photo, sur le papier flottant au fond du révélateur, commence à apparaître fantomatique, la première ombre d’un modelé de chair. D’abord, en zones sombres, les yeux et le triangle du sexe… et, doucement, à la lenteur démesurée de la danse liquide et comme naissant des yeux et du sexe, se précise le corps, immergé dans son éclairage de night-club. »

Théo Lesoualc’h Le lieu du regard, P.122-123, publié dans Comment vivre avec l’image, ouvrage collectif, sous la direction de Maurice Mourier. PUF, 1989


Publié dans (re)venus

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La danse du gros

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La transe du "Gros" (états)


La "Danse du gros",
préparation à "Incantations" de Julie Faure-Brac
(Bande sonore: Jacko Dupont, Emmanuel Aldeguer et Clément Faure-Brac)
 



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