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études#4

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Huile sur papier, Cult 04-08

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Douche fraiche chez qui?*

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"oh! do shit again!...oh! douche it again!...Rrose Slavy" M.D, 1924



Copyrighted 1930 by  Mon Docteur Importing Co., Meriden, Conn
Made of pure withe porcelain and soft rubber


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* "Fresh cheeky  shower " comme aurait dit Marcelle, "ça s'arrose !"


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"Selle à vit", disait elle...

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 « un robinet qui s’arrête de couler quand on ne l’écoute pas. » M.D




Céline Guillemin - Avril 2008

Soit un objet prélevé dans une réalité donnée (sociale, industrielle, économique…) et déplacé vers une autre réalité (muséale, culturelle…). Soit ce déplacement modifiant le statut initial de l’objet choisi, lui attribuant une nouvelle fonction et lui conférant une valeur esthétique que celui-ci n’avait pas auparavant… Soit une fontaine à sec qui ressemble visiblement à un élément de sanitaire.


Réclame,1908 - Porcelain-lipped Urinal, "Panama" Model. J. L. Mott Iron Works


Une des questions qui ne manque jamais de se poser, au pied de la dite Fontaine, est celle précisément du choix de l’objet. Pourquoi diable avoir choisi un urinoir? Quoi de plus trivial, en effet, qu’un objet dans lequel on pisse? Quoi de plus vulgaire et de moins ragoûtant que cette pièce de porcelaine trônant dans des salles de musées ?

Raisonnant ainsi, ce qui est perçu de cet objet ne relève-t-il pas davantage la fonction qui lui est attachée plutôt que la forme ? Et cette réticence à considérer cet urinoir tel qu’il est, ne serait-elle pas due aussi à l’idée que véhicule ce mot, entaché de mauvais goût, dissimulant ainsi l’objet. Souvent d’ailleurs, par abus de langage, n’entend-t-on pas entend parler de « l’urinoir de Duchamp » alors qu’il s’agit bien, à considérer le titre, d’une Fontaine.

Qu’un sèche bouteille porte le nom commun de hérisson, pour les piquants qu’il arbore, passe encore. Qu’un porte chapeau, même tronqué et suspendu, conserve son nom, ça reste acceptable. Mais qu’un urinoir soit assimilé à une fontaine cela dépasse les bornes. Et puis quoi encore ? Ce type nous ferait-il prendre des vessies pour des lanternes?

Par Fontaine on est en droit d’imaginer une vasque (ou plusieurs), un bassin dans lequel un liquide s’écoule. Or, sur ce point au moins, l’objet est conforme à la définition, et par les deux bouts(1), si j’ose dire.  Autrement dit, si l’urinoir reste associé aux excrétions liquides du corps, la fontaine par contre renvoie à une fonction plus générale : on s’y abreuve, on s’y ressource…

Le titre donné, pourrait donc apparaître, comme un premier désamorçage : signal que ce que nous voyons ne serait peut-être pas, ou déjà plus, ce que nous croyons voir. C’est, ici, la question récurrente de la trahison des images (et des mots), dont Magritte se fit le chantre, qui plane sur ce vilain objet ainsi rebaptisé.

Mais voilà, le mot Fontaine, à lui seul, ne semble pas suffisant pour purifier l’objet, laver et à rafraîchir la pensée commune qui n’a jamais aimé que l’on mélange les torchons et les serviettes.


Article publié dansThe National Enquirer, 1986

 

Car il s’agit bien de cela au fond. Si l’on fini par admettre qu’un urinoir est une sorte de fontaine murale, reste à savoir, pour certaines personnes, ce qu’il fait là, exposé dans un sanctuaire célébrant l’idée du Beau ? -  Et dire que cela date de 1917, donc que l'eau a coulé sous les plombs, n'arrange rien à l'affaire! -. Pourtant, en quoi cette petite porcelaine (très) reluisante est-elle plus ou moins belle qu’un vase Grec, qu’une faïence du XVIII° ou qu’un masque Africain…?  

Ne suffit-il pas de se contenter d’admirer la forme moulée de cette céramique, d’en apprécier le galbe, la brillance vernissée de son émail, la répartition harmonieuse de ses vides et de ses pleins, sa symétrie parfaite, la sobriété de sa moulure décorative, l’utilisation discrète des motifs qui viennent ajourer sa surface... tout quoi, comme on le ferait pour n’importe quelle sculpture ? Et puis enfin, elle bien signée cette fontaine?

Mais Duchamp n’étant pas le Conservateur que l’on sait (c’est le moins que l’on puisse dire, quoique…) son projet n’était sans doute pas de réhabiliter des formes, ni d’inventorier des objets, mais bien davantage de fracturer l’attendu des représentations.

"- On a que : pour femelle la pissotière et on en vit.-" M.D. (La boîte de 1914)

 

Si la reformulation par le titre participe de cette intention, ce n’est cependant pas la seule opération effectuée par Duchamp car un autre déplacement de l’objet (physique cette fois-ci) a été effectué. Si un urinoir est habituellement posé à la verticale, sur un mur, Fontaine est (dé)posée à l ’horizontale, sur un socle. Par ce retournement à 45°, ce renversement de l’objet, Duchamp désigne un changement de point de vue, tout en rendant improbable son utilisation d ’origine : « Autant pisser dans un violon! »

Par contre, si un homme peut, sans effort, soulager sa vessie debout contre un mur (près d'une lanterne c'est magique), l’opération apparaît plus délicate pour une femme. On remarquera alors que, par le double mouvement de bascule opéré sur le nom et sur l’objet (un urinoir / une fontaine, debout / assis), l’objet masculin est potentiellement devenu utilisable par le sexe féminin.


 

Urinoir pour femme (en verre soufflé) qui ne manque pas d'air.

 

Cette réversibilité des formes est monnaie courante (contrairement à l'eau tarie de la Fontaine) dans le processus créateur de Duchamp. La figure de l’androgyne, présente dans d’autres œuvres plus explicites (« Objet dard », « Feuille de vigne femelle»...) ou dans le personnage même de Rrose Selavy, est ici déjà présente.

D’ailleurs, la forme même de Fontaine peut évoquer le schéma de l’appareil génital féminin (orifices et matrice). La représentation en coupe d’un vagin, telle que Vésale la présenta dans son ouvrage De humani corporis fabrica (1543), dont Duchamp eut connaissance, ne laisse aucun doute sur la nature des associations possibles que l’on peut envisager à ce sujet.


 


Fontaine : comme un retour aux sources, au lieu de l’origine, au lieu de la reproduction. Reproduction, voilà bien le maître mot de l’amateur de multiples que fût l’artiste. Ainsi, l’inscription R. MUTT (MUTT.R, Mutter, la mère, en allemand) en plus de sa référence détournée au nom du frabiquant (J.L Mott's Iron Works) ne recouvrerait-elle pas en partie ce sens?


 

Lea Lublin, « le corps amer (à mère), l’objet perdu de M.Duchamp, 1995. (Maquette)

 

[A.P. 1996, Montigny] (2)

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1- « Comme il parlait de bout, elle s’est assise dessus. » Paul Hisson, Editions du Veausage, 1991

2 - .J’ai heureusement pu lire, depuis, le remarquable travail de Jean Clair, Sur Marcel Duchamp et la fin de l’art, Ed. Gallimard, 2000



***

 



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Tourniquet

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Stations

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"Déboulonnera-t-on un jour tous ces calvaires réalistes socialistes érigés aux carrefours de nos routes de campagne ? Je croyais que l’on en avait fini avec ces utopies meurtrières."

Eric Chevillard, l'autofictif, 20 04 08


Chatillon sur Saône, 08-02

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Krakauer au Cylindre

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Le Cylindre, 19 04 08



David Krakauer se produisant au Cylindre lors d'un concert de clôture d'un stage de musique Klezmer.

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études#3

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Huile sur papier - 04-08, Cult
Huile sur papier - 04-08, Cult

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Midi, Troyes

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"C'est fou c'que l'temps passe : il est déjà midi..." 

(dixit L'Harmonica dans Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Léone)


Sophie Richelot – la Gare de Troyes (aura pâles yeux)  04-08

***

Le temps passe, comme les trains, ce qui n’est pas le cas des vielles recettes… En témoignent, une fois encore, les procédés de construction utilisés pour l’affiche de 3 h 10 pour Yuma (2008), film réalisé par James Mangold, qui traine ces jours-ci le long des rails. Pour ma part, je n’ai pas encore vu ce film, mais j’ai par contre un très bon souvenir de la superbe adaptation qu'en fit Delmer Daves, en 1957, à partir de la nouvelle de Elmore Léonard, et dont le site Cinétudes propose une belle analyse.



Un homme de dos, revolvers aux poings attend debout, sur la voie ferrée, l’arrivée d’une locomotive. Pour ceux qui n’auraient pas connaissance de l’histoire ils pourraient imaginer qu’il s’agit là d’une banale attaque de train, ce qui, bien évidemment, n’est pas le cas.

3h10, c’est l’heure à laquelle un hors-la-loi, fait prisonnier à la suite de l’attaque d’un convoi de fond, doit prendre un train pour le pénitencier de Yuma. L’homme qui escorte ce prisonnier n’est pas un homme de loi mais un simple citoyen, un fermier qui n’a accepté cette tâche qu’en contrepartie d’un dédommagement financier qui devrait lui permettre d’éviter la ruine qui menace son exploitation suite à la sècheresse. C’est la relation ambiguë entre ces deux personnages apparemment antinomiques et pourtant, au fond, si semblables, qui noue l’intrigue de ce western atypique.

 
La construction utilisant le V des jambes écartées, de dos, au premier plan, est très fréquente. Outre le fait qu'elle campe un des personnages avec un certain aplomb (stabilité du triangle), elle permet de suggérer différentes intentions : la notion de porte encadrant un élément important du récit qui fait face (ce face à face pouvant être associé à l'idée du duel), l'idée de disproportion, de gigantisme, et donc la menace qu'elle suppose, enfin l'absence de la partie supérieure du corps (hors-cadre) qui entretient l'aspect énigmatique du personnage. On  trouvera donc de nombreuses déclinaisons utilisant le principe de cette structure élémentaire.
 



Pour l’une des versions de l’affiche du film de James Mangold - celle qui fleurit notamment sur les quais de la gare de Troyes à midi dix – il s’agit  d’un montage qui combine deux temps du récit. Ainsi, l’homme de dos est emprunté à une des scènes du début tandis que le train renvoie à la scène finale du film.


 
Le train représente la loi et l’ordre puisqu’il vient pour embarquer le hors-la-loi vers le pénitencier de Yuma. Le cow-boy de dos, comparse du prisonnier est là pour tenter d’empêcher que ce départ ait lieu, coûte que coûte. Autrement dit, l’affiche loin de traduire ce qui faisait l’argument central du film de D.Daves, à savoir la dimension psychologique de la relation entre les deux protagonistes (le fermier et le hors-la-loi), semble ici davantage mettre l’accent sur le suspens lié à la scène d’action finale.

C’est d’ailleurs cette idée d’un duel, plutôt par les armes que par les mots, qui transparaît dans d’autres versions étrangères de l’affiche, mettant ainsi davantage l’accent sur les deux acteurs principaux.



Dans les affiches françaises du film de Demer Daves, la présence d’un cadran d’horlogerie, ou celui plus inquiétant d’aiguilles noires (à droite) se resserrant comme un étau, insiste sur la nature de ce compte à rebours.



On remarquera donc que, sur certaines versions, la présence de l’horloge, associée au texte, fait écho à l’avant de la locomotive (portant l’étoile) - reprenant en cela l’un des plans du film - lequel est un rappel discret à la forme du barillet d’un revolver.



Si dans High Noon (le train sifflera trois fois) de Fred Zinnemann, le temps, le train et la poudre étaient déjà fortement imbriqué au sens du récit, il semble cependant que la référence au film culte de Sergio Léone, Il était une fois dans l’ouest, soit davantage affirmé dans l’affiche par le choix du monochrome. Ainsi, sans doute, le graphiste aura choisi de faire une pierre deux coups : classicisme et filiation…Tout un programme ! 

 

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Reliefs de vie

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Un bref séjour dans le sud, pour vider l’appartement qu’occupaient mes parents. Quelques meubles et des bibelots, les reliefs d’une vie. Par où commencer le tri : jeter, donner, garder… ? Des cartons s’empilent contre un mur du séjour. Trois ou quatre, pas plus. J’ai retrouvé une toile ancienne à la cave, conservé les outils de mon père, mis de côté un peu de vaisselle, mais très peu.


 

 

 

Un brocanteur venu remplir un camion d’effets divers me parle de Luxeuil les bains où il fût militaire : « un bon poste, j’étais célibataire… Mais un drôle de coin paumé, je déprimais sec ! Je n’y suis pas resté longtemps, j’ai même raté la cure… Vous savez bien vous, la cure de Luxeuil est réputée…Il n’y a que des jeunes femmes stériles qui viennent là… Bon alors le soir, vous voyez bien, dans les bars et les boites de nuit…. Mais moi, sans la mer – je suis normand, alors… ! - Bref, j’ai pas connu, je suis parti avant la cure… ». Il m’explique aussi comment il a changé de métier « à cause de sa femme… enfin non, pas à cause… pour sa femme… » et puis, « le magasin de quatre cents mètres carrés et la faillite à cause des charges… Ha ça j’en ai vidé des maisons depuis dix ans, il faut dire qu’il y a plein de vieilles personnes par ici, et forcément ça meurt plus souvent… Tient, la dernière c’était surtout des vêtements qu’on a embarqué… Une vieille bourgeoise avec des tonnes de fringues. On a fait deux voyages et rien que du beau. D’ailleurs c’est drôle pour son âge le nombre de mini jupes et de… enfin elle s’habillait plutôt jeune et branchée… J’en ai tiré un bon prix.». L’appartement est quasiment vide. Il reste juste à faire quelques voyages à la déchetterie.


 

Toulon est une drôle de ville ! En façade c’est plutôt propret, les aménagements modernes et la décoration récente des quartiers chics de la corniche contrastent avec l’état de délabrement de cette zone dite d’activité. Au bas d’une route cabossée, qui conduit à un terre-plein truffé d’ornières, des camions manoeuvrent entre des bennes rouillées posées dans les déchets. La poussière et les mouettes tournent sur cette friche sale. Deux employés s’activent en faisant le va et vient entre le portail et le lieu de stockage des déchets, pour contrôler les entrés et le tri.

Je me dis aussi que les gens responsables du choix de ce site doivent être inconscients ou cyniques car, à quelques mètres à peine, derrière le grillage ornée de sacs plastiques et de papiers, se dresse l’enceinte du cimetière, celui-là même où sont enterrés mes parents et plus de la moitié de la ville. Or je ne suis sans doute pas le seul à venir ici vider la maison d’un mort, mettre aux ordures tout ce qu’il a laissé en partant. D’un côté du mur on met en terre en grandes pompes, de l’autre on bazarde de vieux matelas, des meubles en formica, de l’électroménager usagé… D’un côté les corps de l’autre les objets. Un camion s’approche d’une benne qui dégorge, un bras d’acier s'en saisit, la lève doucement, la charge et s’en retourne vers l’usine d’incinération dont la haute cheminée rouge recrache, dans une fumée bleue pâle, tous les restes qu’elle ingère. Je regarde une chaise en bois posée de guingois sur un talus de terre où résiste un arbuste chétif.


 

Un fauteuil de jardin en plastique, une lampe de chevet posée, à même la moquette, c’est tout ce qui reste. Les stores du séjour sont mis clos. Je réalise que la première fois que j’ai vu cet appartement il était à peu de choses près ainsi. Vide avec un salon de jardin. Je ferme la porte en me souvenant des cris des enfants qui dévalaient les marches de l’escalier extérieur pour aller jouer sous l'ombre des deux platanes de la cour du bas, arbres que la copropriété a décidé d’abattre. Je repense aux cachettes dans les rocailles du jardin, au jaune lumineux du mimosa qui éclairait la fin de l’hiver.

 

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Les concessions

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"Puis elle a quitté la chambre aux marronniers. Le miroir est demeuré longtemps dans la pièce vide, se couvrant de mouchetures sous le voile léger des années. Ses parents ont gravi deux étages, emportant le fragile ex-voto. A présent, fixé au pied de leur lit, il sonde l'ombre et la lumière, indifférent au temps, réflétant un mur mouluré et l'angle d'une fenêtre. Rien n'a changé, sinon le regard qui passe sur l'émail sans s'arrêter."
Gérard Cartier. Le petit séminaire, P.105,  Editions Flammarion, Paris,2007



Chaumont Mars 2008
Chaumont Avril 2008

(Les images ci-dessus sont de Céline Guillemin)

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