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Reprises

Publié le par ap

« A regarder les œuvres du passé, à constituer dans la mémoire une collection d’images précieuses, mais fragiles parce qu’éphémères, il importe – je crois – d’accueillir de tels événements et de les recueillir en les racontant. Sans doute leur donne-t-on par-là une importance disproportionnée à toutes les occasions dont un voyage de l’art est fait ; l’écriture qui les enregistre enveloppe cette brève mais surprenante rencontre d’une aura mystique, d’un retentissement d’existence qu’en toute vérité elle n’avait certainement pas. Mais ainsi les images, à leur tour, s’inscrivent définitivement dans le champ de la mémoire, s’accrochent durablement aux cimaises du musée imaginaire personnel : inoubliables. »

Louis Marin « Opacité de la peinture » Editions Uscher, 1989

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L'inventaire partiel des Reprises réalisés entre 2005 et 2008 est à consulter ici

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Escapade

Publié le par ap

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La Favière - Vosges - 02/2008

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(2 études)

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Huile sur toile, 45 x 45 cm  02.08 (Cult)
Ces peintures font partie des Reprises 

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Bouche d'ombre... et dégoût.

Publié le par collectif

Je reçois, par un ami, ce message en réaction à une information récente. A lire et à faire circuler :

"Tout enfant de CM2 adoptera un enfant juif sacrifié par la folie humaine. Pédagogues, psychologues, historiens, les experts s’alarment à juste titre de la dernière trouvaille présidentielle. C’est en tant qu’écrivain que cette initiative me choque : elle fait froid dans le dos. De l’Histoire, et de l’imaginaire.

Dans cette affaire, c’est toute la question de la réalité du Mal et de sa transmission à l’enfant qui est posée. Question politique et morale. Je ne crois aucun sujet inaccessible à l’enfant. Le tenir à l’écart du monde, lui éviter horreurs et souffrances relève d’un projet apparemment louable, pourtant une utopie sentimentale qui le condamne à l’infantilisation permanente, lui interdit accès à l’expérience sensible et à la connaissance tragique. Je pose que l’instrument qui élève l’enfant à la connaissance des réalités, toutes, est l’art. Le détour de l’art est la voie majeure par laquelle le monde se représente à nous, se présente une nouvelle fois sous les espèces de sa répétition sublime. Il offre la scène sur laquelle le monde dénonce sa réalité et, pour ce qui est de celle du Mal, y renverse en appropriation positive son pouvoir anéantissant. J’ai tenté de le montrer par la lecture du Petit Chaperon rouge, le plus abominable, le plus atroce des contes, et comme le prototype des récits du Mal. La fiction de l’horreur ne la domestique pas, ne l’exorcise ni ne la nie, mais la transcende en langage. Par les œuvres de la littérature, du cinéma ou du théâtre, l’enfant –l’homme – établit la distance de contemplation et d’appréhension qui lui donne espace et temps pour construire du sens, en délibérer et armer sa conscience.

Par le pouvoir magique du langage, sous les aspects de la feinte (même étymologie que fiction) le lecteur entre en une région où les personnages sont foule à configurer en lui des solidarités imaginaires, non assignées au réel mais rapportables à lui. Ulysse et Hamlet, Don Quichotte, Jean Valjean, Frankenstein, Cosette ou Lord Jim s’érigent en nous, fantômes substitués au réel et opérateurs de notre rapport au monde. Loin de nous en écarter, ils nous y ramènent et le réfléchissent. Tout enfant incline à la compagnie mentale d’un autre que lui, facteur fabuleux de son identité problématique, et de sa jeune humanité en devenir. Il s’y emploie, dès la toute enfance visité par les images et les contes, les récits de famille, et ceux de la littérature, dont la foule structure son imaginaire, sa pensée. C’est une des hautes fonctions de l’œuvre d’art que de produire ces êtres immatériels, d’en faire les instances invisibles de l’intelligence collective. Toute une vie ensuite, nous fréquentons ces singulières et universelles créatures qui, par l’artifice de l’art, doublent le monde de présences amies ou adverses, qui tourmentent et enchantent, proprement bouleversent le sujet en l’expatriant vers l’Autre, multiplient son aptitude à migrer vers des virtualités humaines et à s’adopter en elles.

Y compris à leur horreur. Et cela inclut le récit de vie, ou l’autobiographie dont, par pacte avec le lecteur, l’écrivain s’institue le témoin et garant d’une expérience existentielle. Si Primo Levi, Antelme ou Anne Franck instruisent une connaissance, c’est que leur acte de langage les autorise, à tous les sens du terme. Leur récit porte voix, unique, individuée, il articule le sens et l’approprie

Par quelle bouche d’ombre parlera l’enfant juif assassiné à la conscience de l’enfant de CM2 ?

Faire adopter un enfant mort par un autre enfant, lui en faire devoir, c’est le rendre comptable d’une charge immense, accablante ; d’autant que ce fantôme a son âge, qu’il est son semblable en petitesse et impouvoir ; imprégnation victimaire terrifiante et à quelle fin, sinon l’assujettir à sa perte, irréparable. Entreprise négative et destructrice, désespérante. Aucun personnage de fiction n’engage une telle colonisation de l’imaginaire, n’assigne à telles responsabilité et culpabilité. Qui ne rachètent ni n’exonèrent de rien, l’historien le sait. L’écrivain le sait. La fiction délivre, elle déploie ses virtualités ; avec elle, contre elle, s’invente une liberté. Greffer à une conscience enfantine cette figure de martyr que sa mort sanctifie, que l’ignominie des hommes sacralise pour mémoire, y annexer cet agneau sacrificiel par décret d’Etat et autorité d’école publique, cela relève du crime intellectuel et moral. Comment accueillir en soi la présence tutélaire d’un être qui existe en Histoire, et non en fiction, sans voix ni parole propre ? Dans cette région intime où s’ébauche la personne enfantine, ce dictat d’identification a quelque chose de totalitaire.

Tout est possible, promettait le candidat. Tout est impossible. Tout est d’un tel absolu qu’il enferme en soi son contraire et s’anéantit. Dans cette pensée totalisatrice, il ne reste aucune place pour enfoncer le coin de la spéculation théorique, du doute critique, ni celui de la pratique empirique. Tout absolutise le réel pour mieux le révoquer, convoque la totalité pour mieux l’absenter. Que la réalité soit partielle, contingente, accidentelle et lacunaire, qu’elle advienne en des formes interrogatives soumises sans cesse à l’exception et à la révision, cette formule terrible l’exclut, dans un déni redoutable.

Donnerons-nous quitus à Nicolas Sarkosy pour éduquer nos enfants ?

Anne-Marie Garat, Ecrivain"

 

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Démons, des merveilles

Publié le par ap

L’autre soir, aux informations, j’entends un journaliste parler de ce vol de tableaux à Zurich, puis je lis dans Le Monde, un article relatant les faits. Certes ce n’est ni la première, ni la dernière  fois que le fait se produit, pourtant ici la situation est presque rocambolesque.

"Les tableaux étaient encadrés et sous verre, donc lourds et encombrants. Les voleurs les ont chargés dans le coffre d'une voiture blanche, dont ils n'ont semble-t-il pas pu ensuite refermer le hayon : quand ils ont pris la fuite, sans faire de victimes, les peintures dépassaient du coffre..."

En fait, on dirait presque une scène tirée d’un film de la nouvelle vague. Trois malfaiteurs font irruption dans les salles d’un musée. Un pistolet automatique intime l’ordre aux personnes présentes de se coucher au sol. On décroche des tableaux puis on met les voiles. Le plan dure à peine le temps d’un souffle.

Ensuite, on imagine : le bolide blanc démarrant sur les chapeaux de roues, des virages pris au cordeau, des plans filés sur les bas côtés d’une route, des masques posés sur la banquette arrière, une main qui pousse le bouton de l’autoradio et la nouvelle qui passe en boucle, à peine interrompue par des flashs de publicité… Après, on a le choix : un chemin forestier, un petit aérodrome, un chalet perdu sous la neige,  ou le parc d’une maison bourgeoise au bord d’un lac… à moins bien sûr que le véhicule, en ayant stupidement percuté un autre, finisse sa course en flammes dans un champ.

undefinedPhotogrammes extraits de deux films de Godard (Bande à part et Week-end)

Tous les ingrédients réels et fictifs sont donc réunis et il n’y aurait donc rien d’étonnant à ce que, un jour ou l’autre, ce fait divers serve en effet d’argument à un énième remake cinématographique du genre. Repérages des lieux et préparatifs minutieux, déroulement minuté, suspens et rebondissements… En fonction de l’origine de la production, qu’elle nous vienne d’outre Atlantique, d’Asie ou d’Europe, on pourrait même pronostiquer le pourcentage d’actions, de coups de feu, de sexe et d’hémoglobine. Pourtant, les scénaristes s’intéresseront cependant davantage à la psychologie des personnages ou à la valeur monnayable du larcin, qu’aux objets eux-mêmes.

De ces quatre tableaux dérobés je ne connaissais en fait que « le garçon au gilet rouge » de Cézanne, dont une mauvaise reproduction jaunie ornait le couloir d’une école, que j’ai fréquenté enfant. Les autres tableaux, pourtant réalisés par des peintres dont je connais assez bien le travail, me sont inconnus. "Le portrait du comte Lepic" entouré de ses deux filles, de Degas, me laisse pantois. Quant au van Gogh, une rumeur court déjà pour annoncer que c'est un faux... Par curiosité, je me demande quelles sont les autres œuvres présentes dans cette fondation dont, je dois encore l’avouer, je ne connaissais pas même l’existence.

Et pourtant, en me rendant sur le site de la Fondation Bührle, je n’en crois pas mes yeux. Beaucoup de pièces d’une grande valeur (et dont certaines sont en fait assez connues) se trouvent réunies dans ce qui fut la collection de ce marchand d'armes amoureux de l’art. Outre quelques Corot, Vuillard, Braque et de magnifiques Bonnard dont cette « Femme à la toilette », je croise aussi un superbe Greco,... pour ne citer que ceux là.

Précisons quand même, que Emil Bührle, né en 1890, après avoir suivi des études d'histoire de l'art, s'installe en Suisse dans les années 1920. Il se lance dans la fabrication de machines-outils et, suite à  l'invasion de la Pologne, se reconvertit dans la fabrication d'armes qu'il vendra à l'Italie, mais surtout à l'Allemagne nazie. Ayant fait fortune il en consacrera une bonne partie à l'acquisition d'oeuvres d'art impressionnistes et modernes. On peut aussi noter, comme le fait remarquer l'article du Monde, qu'il a été contraint de restituer treize œuvres qui figuraient sur les listes des biens spoliés aux juifs par les nazis. Bref, quand on aime on ne compte pas!

Les oeuvres d'art ont toujours été des valeurs marchandes qui dépassaient la valeur même des objets produits. Quand on y pense, c'est une drôle d'histoire. Un peu de matière déposée sur un bout de toile tendue, une barbouille réalisée parfois dans des conditions de misère ou d'incertitude (c'était en particulier le cas de quelques impressionnistes) et puis un achat, un début de collection.... Il suffit souvent de peu de choses pour que ce qui n'était qu'une question intime devienne un objet d'échange. Il suffit d'un collectionneur et d'un marché pour que l'alchimie de ces couleurs passe à la postérité et soudain attise les convoitises. De leur vivant, Van Gogh ou Cézanne valaient peau de balle, aujourd'hui on se les arrache - on les arrache même aux murs d'un musée contre un possible rançon! -. Un Monet vaut sans doute plus cher qu'un canon. Les oeuvres passent de mains en mains, comme des billets, mais les seuls à tirer profit de ces richesses ne sont pas toujours ceux qui les possèdent...

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(bribes)

Publié le par ap

undefinedHuile sur papier (carnet), 14-02-08, Cult


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Par un jour froid de beau temps

Publié le par ap

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"Violet dans les gris.
Vermillon dans les ombres orangées,
par un jour froid de beau temps."

P.Bonnard, 7 février 1927


[...] Une large verrière, et toute la lumière vient de là, qui éclabousse l’intérieur de la pièce et déteint sur les cloisons. Le dedans est soudain devenu une chambre d’échos réverbérant la luminescence de ce paysage printanier. A peine rentrés, nous voilà donc déjà dehors, happés par la vibration du feuillage du mimosa. Sur la droite, la masse végétale semble flotter au-dessus d’une bande d’herbe, tandis que, sur la gauche, une trouée de l’écran jaune laisse entrevoir, derrière des touffes d’arbres plus sombres, une mosaïque de tâches rouges, blanches et bleues pâles, qui se perdent en contre bas. Tout en haut, une bande étroite de bleu de cobalt, sillonnée de nervures ocres, vient fondre son écume à la cime de l’arbre en fleur. Le bas de la verrière est une oblique abrupte qui tente un appui aux premières loges. L’espace vacille. A la légèreté aérienne du jardin répond la lourdeur massive de la main courante d’une rambarde. Ce balancier pesant de tout son poids sur le châssis, obéissant à une perspective inverse à celle suggérée par la baie, laquelle est maintenue en suspension par les deux rideaux latéraux, accentue l’impression de déséquilibre et renforce cette sensation d’enchevêtrement des lignes qui semblent étayer cet échafaudage branlant. Sous la poussée de la lumière qui traverse la dalle verticale et inonde l’atelier, c’est à peine si l’on distingue, dans un coin, discret et nimbé de rose, ce visage de  femme.[...]*

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*Sur un tableau de Pierre Bonnard, "l'atelier au mimosa", 1939-1946, notes extraites d'un carnet - 1994

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Robuste

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undefinedFévrier 2008, Chaumont

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Le désir en attente

Publié le par ap

Un rectangle sombre. Noir. Un rectangle couché. Noir et blanc. Une chambre sombre. Un corps couché. Blanc. Un corps  de femme allongé, sur un lit, sur les draps blancs d’un lit. Blanc et noir. Une chambre dans la pénombre, éclairée par un drap blanc. Eclairée par une lumière zénithale tombant sur le drap. Unn corps basculé sur ce lit. Corps blanc, couché sur le dos. Blanc sur blanc, couché éclairé. Corps repoussé de l’ombre par la blancheur matte du drap. Corps nu d’une femme couchée, chavirée, renversée par le cadrage obique. Nu blanc, sur blanc sur noir. Dans cette chambre noire, ce corps abandonné, aux gestes détachés, relâchés. Nu blanchi, sous la lumière. Nu en attente. Pièce en attente. Lumière suspendue, venant du dessus, d’en haut. Corps nu d’une jeune femme posée sur le drap blanc d’un lit, bras replié sur l’épaule. Main ramenée sur l’épaule, ventre offert, jambes croisées, un pied posé au sol. Sol rayé. Motif à rayure d’un tapis, au sol. Motifs en oblique rayant le noir. Vêtements au sol. Un tas, aux pieds du corps de la femme. Sous ses pieds. Tissus froissés, en boule, négligemment abandonnés. Retirés, tombés. Draps froissés, portant l’arc du corps dans l’oblique du cadre. Corps surpris en attente de l’image, en attente du désir révélé de l’image. Blanc sur noir, le désir encore, après l’amour… peut-être !. Avant ou après. Le désir encore, le regard aimanté par ce triangle noir sur blanc. Aimanté par ce triangle noir trouant le blanc du corps. Et le pli du drap qui, soudain, relance le désir.

undefined(sur une photographie de Charles Nègre. Nu allongé sur un lit- vers 1850)
 

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...et quelques merveilles!

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René Leplus "Sur la table, rue  Marechal",  Février 2008


Si voir existe à peine

Par chaque tour de roue avec son grincement
la charette qui vient vers toi chargée de foin
te calme et te fait mal on dirait que tu pèses
en un moment beaucoup plus lourd car elle traîne
après elle tout l'été que tu regardais
passer enfant sans le voir et c'est maintenant
que tu vois mais ça n'est plus lui ça n'est plus toi
rien qu'une odeur de foin un grincement de roue
dans un pays qui est ailleurs une autre vie
que veut dire oublier si voir existe à peine

Ludovic Janvier, La mer à boire, Poésie Gallimard,2006.

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