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cliché 44

Publié le par ap

56

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Si ce n’était la courbe embrumée des montagnes c’est à la 404 blanche de mon père, garée le long du trottoir, à la sortie de l’école, que je pense ici.

Et plus qu’à la voiture elle-même c’est à la ville de Nouakchott dont je me souviens, à la lumière blanche, au vent de sable qui s’infiltrait jusque sous les portes, aux épineux posés ça et là dans ces immenses terrains vagues parsemant ce centre ville à l’occidentale planté au milieu du désert, aux chèvres maigres vêtues d’un tablier errant dans les avenues parcourues de boubous bleus ou blancs surmontés de turbans, au terrain de foot où nous allions nous écorcher les genoux sur les coquillages qui affleuraient sous la poussière ocre, aux mouches collées aux coins des lèvres, au sauterelles vertes tournoyant dans la clarté falote des lampadaires.

Sur les ondes courtes on entendait les Poppies et le claquement de langue d’un certain V.G.E, alors président de la république Française.

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cliché 43

Publié le par ap

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- Il fallait que je te parle...

- Ici?


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- Pourquoi pas? C'est beau la nature...


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- Ne me dis pas que tu as fait toute cette route pour me planter à l'aube devant une montagne et me servir l'argument réchauffé du bol d'air...  Alors?

- Je crois que nous faisons fausse route...

- Que veux-tu dire? Pour l'instant on est garé pile face à la vallée et si tu ne desserres pas le frein on ne risque pas d'aller plus loin.

- Non! Ne fais pas semblant, tu as très bien compris. Je parle du sens de la vie, de tous ces artifices qui encombrent l'existence, de nos mensonges et des promesses non tenues, de la routine et de la négligence, des leurres, des faux espoirs, des faux-semblants qui font les jours aussi vides que les nuits, de la suffisance que nous mettons à croire que faire telle ou telle chose repousse un peu l'échéance de ces projets que nous avions, souviens-toi...

- Oui je vois, c'est un peu comme au cinéma. Un réalisateur, Truffaut je crois, a dit quelque chose comme ça dans la nuit américaine : " Au départ, j'ai de grandes idées et puis rapidement les contraintes du tournage qui se succèdent me font renoncer petit à petit à tout un tas de choses importantes... Finalement au milieu du tournage le film n'est déjà plus celui que j'avais imaginé..."

- Sauf que la vie n'est pas une fiction...

- Non c'est vrai, dès fois elle est plus moche, dès fois elle est plus belle, mais dès fois aussi elle y ressemble diablement!


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- A moins que ce ne soit l'inverse... Mais ne feignons nous pas...

- De quoi? D’être? Et après, ce ne n'est pas à moi d'en juger... Et même, si tel était le cas?

[...]

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replis

Publié le par ap


sans titre (état) - 95 x 50 cm - Huile sur toile - 03/2007

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"oublier peut-être, quant à pardonner..." (Papa est en voyage d'affaire)

Publié le par ap

Posé sur un bureau, dans une pièce sombre, un ventilateur qui tourne lentement brassant, un air lourd… de conséquences.

 

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On ne badine pas avec la propagande communiste dans la Yougoslavie des années 50. Tout au moins, c’est le prétexte que trouve Zijo, membre de la police politiquepour éloigner Meša, son beau-frère, de sa maîtresse, Ankica, sa future compagne.

 

Deux ans « d’éloignement » c’est donc le prix à payer. A Malik, le fils cadet, on se contentera de dire que « papa est en voyage d’affaire ».

 

Meša est envoyé dans un camp de travail. Sa femme et ses deux enfants, restés à Sarajevo, attendent plusieurs mois avant de pouvoir d’obtenir de ses nouvelles et de pouvoir le rejoindre. Les temps sont difficiles mais la vie continue.

 

Pourtant, plutôt qu’un film à thèses, ce récit, d’une écriture assez classique, n’en est pas moins d’une grande finesse d’analyse quant aux rapports multiples et complexes qu’il existe au sein d’une famille, que ceux-ci soient dues à des raisons politiques ou sociales, ou plus simplement à des raisons très humaines.

 

« Papa est en voyage d’affaire », premier long métrage d'Emir Kusturica, a reçu en 85 la palme d'or au festival de Cannes présidé par Milos Forman et l’on peut comprendre que le réalisateur de « L’as de pique » et de « Les amours d’une blonde » ait été sensible au regard lucide et tendre que Kusturica porte à ses personnages, à la magie de certaines scènes aussi, où la violence, l’amour, le mensonge, la vengeance et l’humour se succèdent sans manichéisme.


Lire aussi : cet article de Nicolas Renaud dans Hors Champ

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cliché 42

Publié le par ap


54 /

"Il n'avait pas fini sa phrase que La Pérouse s'embarquait, levait l'encre, hissait les voiles et cinglait vers le large, poussé par les alizés, bonne marche, fière allure, la poudre et les armes à l'abri dans la cale avant, les tonneaux solidement arrimés, les ballots recouverts de toile goudronnée, les rouleaux de cordage très exactement comme des pythons ou des boas lovés sur le pont, les cris des mouettes..." écrit Eric Chevillard dans "Les absences du capitaine Cook".

Les enfants s'étaient réfugiés sur le pont arrière, sous le pavillon qui claquait au vent, dans la brise du large, masquant à peine les relents de rouille humide qui cloquaient comme des abcès sous la couche de peinture, suintant en filets rougeâtres. Elle debout, mimant fascinée le vol des grands oiseaux blancs qui se laissaient planer dans le sillage du navire, lui assis dans le cercle des cordages, tête dans les genoux, visiblement endormi…

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dia positive

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Miss en plis (vénus)

Publié le par ap

[re] vénus aurait pu être une brillante étude de cette une planète du système solaire si l’auteur  avait connu quoique soit en astronomie, si même il avait eu connaissance de l’astre au logis.



Au lieu de ça, c’est à la figure centrale de la peinture d’un artiste de la Renaissance que s’intéresse cet opuscule. On n’y apprend pas grand-chose de nouveau sur l’histoire de ce tableau, encore moins sur le peintre mais peut-être que, au fond, ce n’est pas l’essentiel...

Publié dans (re)vue

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cliché 41

Publié le par ap

53


Je me suis souvenu, hier, en regardant la tapisserie qui compose l'arrière plan de cet autre cliché, de celle de l'appartement de ma grand-mère maternelle rue Puteaux à Paris, dans le 17e arrondissement.

Cette grand-mère, dont je m'aperçois aujourd'hui que je sais peu de choses, vivait là, seule, dans cet appartement vétuste, sinon insalubre. Nous ne nous rendions que très peu chez elle, une fois par an je crois, et encore, que je m'étonne que ce souvenir si lointain soit pourtant si précis par certains détails.

Derrière un porche fermé par une porte grise, on traversait une cour intérieure pavée. Au fond, sur la droite, un escalier étroit et sombre conduisait à don logement au premier étage (je ne crois pas l'avoir jamais gravi plus haut). La cage sentait la poussière et le gaz. Pour s'annoncer on faisait tourner une sorte de petite clé en cuivre qui déclenchait le bruit aigrelet d'une sonnette à ressort. On entrait par un couloir exigu qui tenait lieu de cuisine. Le séjour, qui donnait sur la rue, était encombré de divers meubles dont une imposante commode surmontée d'une plaque en marbre gris, une table circulaire couverte d'une nappe bulle et qui occupait le centre - et à vrai dire presque la totalité de la pièce -, dans un coin, près d'une cheminée condamnée par un poêle, un poste de télévision posée sur une table basse. C'est dans le séjour que se trouvait la fameuse tapisserie, épousant les courbes d'un mur aux angles irréguliers. Le reste de l'appartement était à l'image de cette pièce, une ou deux chambres et pas de sanitaires. Les toilettes étaient dans la cour.[...]



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Comme sur des roulettes (L'Arrangement)

Publié le par ap

Tout semblait réglé comme du papier à musique dans la vie de cet homme. En apparence, tout au moins : une épouse irréprochable, une villa de grand standing dans un quartier chic de Los Angeles, un travail plus que lucratif… Tout allait donc comme sur des roulettes... jusqu’à l’accident.


 

 

Pourtant, nous savons - pour l'avoir vu lâcher le volant - qu'il ne s'agissait pas là d'un un accident !

 
 

« Pourquoi as-tu baissé la tête ? » se demande Eddy (le personnage principal), allongé sur un lit d’hôpital, alors que l’image de sa décapotable, précipitée sous les roues d’un semi-remorque, lui (nous) revient à la mémoire.

 
 

Après cette tentative de suicide ratée, sans sa petite moustache, Eddy semble être devenu un autre homme. Enfermé dans un mutisme inquiétant pour sa famille, il se remémore, par bribes, quelques moments de sa vie récente ou de son passé. Surgissent ainsi des fantômes dont certains semblent être les signes précurseurs de l’état dépressif qu’il traverse. Lui-même pour commencer, dynamique et entreprenant dans son métier de publicitaire, et puis, furtive d’abord, mais de plus en plus précise, l’image d’une jeune femme : Gwen.


 

 

Comment rate-t-on sa vie? Comment peut-on vivre avec ces petits arrangements que sont par exemple un confort social quand on prend soudain conscience que l’essentiel n’est ni l’argent, ni l’ambition. Comment se reconnaître et se retrouver ? Comment ne plus se mentir ni mentir aux autres ?

 

Or c’est à sa relation extraconjugale avec Gwen que Eddy doit cette prise de conscience tardive. Dans un sursaut d'énergie, celui-ci part donc en quête de sa propre identité…

 

L'Arrangement, réalisé en 1969 par Elia Kazan, à partir d'un de ses propres romans, est bien plus qu’un récit exemplaire sur une recherche d’authenticité que fait un homme fatigué par les compromissions successives de la vie et l'absurdité d’une réussite sociale à laquelle au fond il ne croit plus… C'est un retour sur lui-même ("je m'en vais en moi-même") d'un homme bridé par son histoire familiale.


 


Le rythme du film construit sur ces allés retours permanents entre passé et présent, usant du flash-back ou de l’arrêt sur image, du jeux de dédoublement des personnages, des faux semblants ainsi que la richesse d’invention formelle (intégrant par exemple les codes plastiques du Pop Art font) font, de ce film de Kazan, une belle leçon de cinéma.


Publié dans films

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cliché 40

Publié le par ap

52


Nos jeux de plage étaient simples. Se laisser porter par le va et vient incessant du rouleau en fin de course. S'échouer en haut de la grève sur le ventre. Des paquets plein le maillot. Le sable aux chevilles qui creuse. La vague qui recule arasant la plage. Redescendre en courant pour se faire cueillir par la vague suivante. Fracas du rouleau. Attendre le moment de la morsure de l'eau aux mollets. Et puis la nappe mousseuse qui remonte sur le sable et reflue en laissant, derrière elle, une auréole rose.

Et cela pendant des heures, jusqu'à ce que le corps roulé, râpé, réclame la pause.

Parfois les mains fouissaient cherchant la coquille dure sous les ongles. Ovale ou amande. Tellines.


Publié dans notes sur clichés

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