Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Jonas (2)

Publié le par ap

 > Planches (sur étaton)

2

( Jonh Asse)

« Longtemps, je me suis élevé  bricolé des bonheurs. De petits bonheurs privés, ralentis par la course des trains qui passaient entre moi et les vaches d’en face… »

Elle posa son crayon entre les pages du petit carnet, qu’elle referma en tendant l’élastique jaune. Combien de temps devrait-elle attendre le retour d’Ulysse et de Marine? Elle parcourait machinalement le désert marin à l’aide des jumelles, trouvées dans le poste de pilotage. L’horizon dégagé ne laissait rien venir.

Peut-être faudrait-il envisager, à son tour, de partir. Quitter l’épave et tenter de rejoindre la terre ferme… Cette expression la fit sourire. Elle y était sur la terre ferme! Il semblait bien même qu’il n’y avait plus que ça ! La planète s’était asséchée si soudainement qu’elle avait du mal à croire – et c’était d’ailleurs aussi l’avis d’Ulysse – que l’eau, toute l’eau, s’était évaporée comme ça… ça ne tenait pas debout cette histoire, il devait y avoir eu quelque part un transvasement… Demain, s’ils n’étaient toujours pas revenus, elle partirait à son tour... oui, demain… demain. Elle venait simplement de s’endormir.

**

Tout celà l’avait saoulé : ivre, il tourna le bouton du poste. Il restait si peu de temps qu’il n’allait pas tout gâcher comme ça, à écouter le énième extrait de la rediffusion de la Traviata

Il se leva et se dirigea vers la baie vitrée. La nuit entrait par la pièce ouverte. Sortant, il entrait dans la nuit. Penché à la rambarde, il regardait la masse fantomatique des immeubles, en face. Vides! Il n’y avait plus aucune lumière, pas le moindre spot bleu de ces écrans de télé qui battent comme un cœur dans les séjours, pas les geste familiers de ces femmes ou de ces hommes qui, 10 heures passées, s’agitent en cuisine pour faire la vaisselle ou pour la ranger. Rien! Le black-out complet ! Pas de bruit non plus : ni moto qui tourne en bas des tours, ni radio, ni dispute. Rien!

Avant (c’était quand déjà cet avant ?), de ce balcon, quand le temps était clair,  il voyait briller des rivières de diamants jusqu'à l’horizon. Là bas, en se penchant un peu, derrière la tour nord, il pouvait voir jusqu’à la Tour Effel. Aujourd’hui, il sait seulement qu’elle est là dans la nuit compacte.

Pourtant tout ce monde était encore là. Il le savait. Qu’attendaient-ils ? Pourquoi restaient-ils terrés derrière les rideaux baissés ? Certes, Il y avait eu les consignes de couvre-feu diffusées les premiers jours par haut-parleurs, dans les rues, puis à la radio. Après, c’est vrai, les blindés avaient pris positions à tous les carrefours. Ils y étaient toujours d’ailleurs, mais vides... abandonnés. Les premiers jours, il y avait eut pas mal de pagaille, des fusillades et quelques explosions. Les commentateurs de la chaîne nationale avaient évoqué tantôt un putch militaire, tantôt une invasion des milices jaunes, tantôt une catastrophe naturelle… Impossible savoir précisément de quoi il s'agissait.

Il était en voiture quand la première annonce avait interrompu le débat sur la campagne électorale... de toute façon pour ce qui s’y disait!

« Attention, suite à un communiqué du cabinet de la présidence, nous vous informons que les mesures de sécurité du plan d’alerte niveau rouge viennent d’être déclanchées sur tout le pays… Il est vivement recommandé de rejoindre au plus vite son domicile, ou un abri proche…Attention… »

Il avait quitté le périphérique engorgé et était passé par les vieux quartiers pour rejoindre sa citée. Partout, il voyait des gens paniqués courant en tous sens. De nombreux véhicules étaient arrêtés sur la chaussé, portières ouvertes, phares allumés. Cela sentait la panique. Sur le parking de l’immeuble des voitures brûlaient tandis que les habitants sortaient en désordre, certains munis de bagages, d’autres tenant la mains de leurs enfants. On se serait cru dans un roman de Barjavel.

L’ascenseur était bloqué. il avait monté quatre à quatre les étages. Une fois chez lui,il chercha tout de suite à joindre des amis, mais l’autophone était saturé. Il hésita un instant à retourner à la voiture, mais l’explosion qu’il entendit le fit regarder à la fenêtre : un nuage de fumée s’élevait à la place où il s'était garé en arrivant...

La nuit était tombée. La radio diffusait maintenant des retransmissions d’émissions des années passées, entrecoupées de flashs d’informations alarmants et contradictoires…

[...]

 > Planches (sur étaton)

Publié dans écrits

Partager cet article

Repost 0

Amorces (4)

Publié le par ap

Friche, La levée, Tavier sont les trois premiers textes d'un récit qui pour l'instant a pour titre "Amorces".  Je n'ai aucune idée de ce qui va advenir de ces personnages, apparus un jour de forte fièvre ... Ceci est donc une invitation à ceux qui auraient envie d'en écrire la suite  autrement dit ces amorces sont une proposition d'écriture.


 > Planches (sur étaton)

1234 - 5 - 6


4 - Rue du saut de l'ange

Il existait, dans le quartier sud de la ville, une tour en construction depuis des années. Un grand projet architectural qui avait défrayé la chronique lors de son lancement.

Le 5005 devait comprendre autant d’étages que l’indiquait son nom. La tour, conçue comme une hélice, pouvait, aux dires des concepteurs, atteindre la première couche des nuages roses qui couvraient la ville.

Le chantier démarré il y quatre ans s’était soudainement interrompu à 1500 étages. Tout le dispositif  d’élévation était resté en place, mais plus personne n’était venu sur le chantier. La presse indépendante locale avait crié au scandale car les dépenses engagées par an pour la construction étaient à peu de » choses près égales à celles du budget du service ministériel de la nutrition pour vingt ans.

Mais la chose la plus préoccupante était que, depuis l’arrêt des travaux, le bâtiment était devenu le premier lieu de suicides de la ville. Tous les jours, entre trente et cinquante personnes sautaient de la tour. Les plus courageux montaient au sommet, mais la plupart se laissaient tomber des premiers étages. Les dispensaires des différentes zones de la ville voyaient donc arriver en urgence nombres de ces désespérés…

En fait, tous n’étaient pas désespérés, ils venaient simplement tenter leur chance  comme disaient les rescapés, pour une raison ou pour une autre… Chacun avait les siennes et aucun service des maladies de l’âme ne pouvait expliquer pour quelle raison toutes ces personnes avaient décidé de s’affranchir Rue du saut de l’ange. Certains, qui depuis le début, prétendaient que cette tour était une malédiction, trouvaient là l’unique réponse à ces sauts. D’autres supposaient que la tour était de part sa structure devenue l’emblème « des délaissé pris dans la spirale sociale », d’autres encore prétendaient que les aimants électromagnétiques des fondations pouvaient être responsables de tels comportements.

J’habitais à deux pas de la tour et j’avais déjà assisté à plusieurs vols planés sans jamais avoir été moi-même tenté de franchir le grillage du chantier. Ceux auxquels j’avais prodigué les premiers soins disaient ne pas savoir pourquoi ils étaient attirés vers l’Hélice. Tout cela restait mystérieux.

[…]

 > Planches (sur étaton)

1234 - 5 - 6

Publié dans écrits

Partager cet article

Repost 0

Trois notules

Publié le par lili

(re)vénus - planche


1 - Deux Milo


La première fois que je l'ai croisée, c'était dans le salon familial, avec ses bras cassés. Mais qui dans la maison avait bien pu faire ça ? On aurait pu essayer de la recoller au moins !

-          « Mais c'est la Vénus de Milo ! » avait-on fini par m'expliquer.

En effet, ça expliquait tout ! Je crois me souvenir que j'ai éprouvé alors de la tristesse à l'égard de ce pauvre Milo : « S'il avait vu sa sculpture dans cet état ! ». 2000 os à recoller ça fait du boulot !

Plus tard, vers l'âge de 8 ou 9 ans, je me souviens encore du choc en la découvrant « en vrai » dans les salles du musée du Louvre. Notre Vénus (elle, si familière...). Rien à voir avec la minuscule statuette de quelques centimètres qui trônait dans notre séjour. Celle la était immense. Je me sentais tellement petite à côté.


2 - Dieu est matheux.


Pour parler de la géométrie du tableau de Botticelli, j'aurai dû sortir mon compas, ma règle et mon équerre et tracer toutes les lignes immondes du rectangle d'or. Mais c'est bête tout ça ! Je me fiche de savoir comment l'artiste a voulu conduire notre regard à travers ces lignes invisibles, ou comment la déesse du temps et les dieux du vent sont inscrits dans les diagonales de la « divine proportion ». Et elle, Vénus, au milieu, dans cette immense spirale d'or, ou devrais-je dire dans cet immense nautile ? Ce qui m'intéresse, c'est toute l'interprétation de ce choix qu'on peut s'amuser à faire.

Le « nautile d'or » nous renvoie à cet immense morceau de nacre sur lequel Vénus se tient en équilibre. Au bord du déséquilibre justement. Comme l'humanité qui, depuis sa naissance, se tient dans un état précaire. A tout moment, tout peut basculer. Car si Vénus est le symbole de l'amour et de la passion, elle est aussi celui de l'adultère et des vices qui conduisent, selon une vision
judéo-chrétienne, à la perte. Est-ce à cause de ce message profond que l'artiste a épargné ce tableau du bûcher des Vanités ?

Au-delà de la simple allégorie du mythe de Vénus et de sa naissance, on dit que Botticelli a voulu peindre, dans sa quête du monde idéal, la naissance de l'humanité. Classique donc le choix de la « divine proportion ». Au fond, c'est la recherche de l'harmonie naturelle qui rejoint l'idée que Dieu est dans tout. Finalement, pas artiste donc, le bon Dieu, mais matheux !

 

3 - Les larmes de l'amer

Ce qui me frappe surtout, c'est toute la tristesse du monde qui est visible sur le visage d'Aphrodite. Elle est au bord des larmes. Les larmes de Vénus. Il s'agit du nom donné aux trésors que nous offrent les huîtres perlières. Je ne peux alors m'empêcher, en souriant, de faire le lien entre les parasites de ces mollusques à l'origine des perles de culture et la semence d'Ouranos jetée à la mer.
Ainsi, Vénus échoue dans sa coquille d'huître, telle la magnifique perle qu'elle est, symbole de la beauté éternelle, prête à être parée des plus beaux artifices. Alors, pourquoi tant de tristesse ?

(re)vénus - planche

[C.Guillemin - Trois notules pour (re)venus]

Publié dans (en) voie

Partager cet article

Repost 0

Louf et rosse

Publié le par mirco

-          Et dire que je ne l’ai pas vu venir !

-          Qui ça ?

-          Mais tu sais… la bête… l’autre jour.

-          Ha !... Encore cette histoire ?

-          Ho, écoute, je n’arrive pas à m’en remettre!... elle a déboulé de la droite

-          La dernière fois, c’était sur la gauche !

-          Ho !  Peu importe… Elle a déboulé comme ça, sans crier gare !

-          Gare… gare au gorille !

-          Toi et blagues à cent balles! J’ai eu très peur !

-          Bien sûr… Un gorille au fond des bois…

-          Mais je l’ai vu ! Tu ne me crois pas, hein ?

-          Si, si… ! Vu l’état de l’aile avant…

-          C’était  un… 

-          …moi, j’y crois dur comme fer… mais l’assureur, lui, un peu moins !

-          Ha… haha, très drôle !

-          Faudrait savoir !

-          Non sérieusement… Tu sais, c’était un loup ! J’en suis certaine !

-          Mais oui, ma puce, et c’est le petit capot rouge de ta twingo qui l’a fait sortir du bois !

-          Sois un peu sérieux à la fin ! C’est agaçant !

-      Je...

- ... Non mais c’est vrai quoi !

-          Bon, bon…

-          Un loup tu ne te rends pas compte !

-          Conte… ? Si… je crois

-          Quoi ?

-          non… non, rien !

-          Il était tout noir !

-          Alors, c’était ça !

-          Oui, noir avec l’œil luisant et…

-          …De grandes dents blanches ?

-          Heu ?... Je ne sais pas, j’ai entendu un grand Boum !

-          Oui, forcément…

-          …Non, férocement !

[mirco trop tard - plouf et rose]

Publié dans (en) voie

Partager cet article

Repost 0

L'insouciance (fragment 18)

Publié le par ap

Le paysage défilait gris et froid derrière la glace. Des traces blanches griffaient un ciel de goudron délavé. Les bas côtés de la route, gommés par la vitesse, s’effilochaient en traînées brunes et vertes ponctuées par la cadence des poteaux de la rampe de sécurité. Des ponts, des échangeurs, des maisons posées en contrebas de la voie expresse, comme des boîtes d’allumettes.

Patrick avait décidé que nous irions visiter Pompéi. Depuis Rome ce n’était pas loin. Tu parles ! Deux heures et le pouce! Bien sûr, rien n’est jamais loin quand c’est inoubliable. Pompéi, ce n’était que des images délavées d’un vague souvenir de mes cours d’histoire de l’art, de mauvaises diapositives jaunies projetées en trois sur quatre avec un commentaire rôdé et un chapelet de noms latins…

« Voir Pompéi… et mourir d’ennui sur les bancs d’un amphithéâtre ni romain ni grec.. » avait soufflé ma voisine en se penchant vers moi «… et dire qu’il va encore falloir se taper deux années avec lui… ». Elle parlait du petit bonhomme chauve assis derrière l’estrade et qui machinalement tournait les pages de son cours en actionnant de temps à autre le chariot de l’appareil de projection. Clac ! Clac !  « Ici nous pouvons voir, sur la gauche, les fouilles en 1954. Comme vous pouvez le constater, un grand nombre de bâtiment étaient encore... ». Je regardais ma voisine, elle avait un joli profil, tête penchée en avant, une main sous le menton, le crayon traînant sur la feuille. De temps en temps elle repoussait une mèche derrière son oreille et reprenait sa position. Malgré la pénombre je me rendais compte qu’elle ne prenait pas de notes mais qu’elle griffonnait.

 

Nathalie, avait un beau sourire et de belles dents blanches qui mordaient parfois sa lèvre inférieure quand elle était gênée. A la pause, assise sur les marches de la cafétéria, je l’ai regardé boire son chocolat, dans un gobelet en plastique qu’elle tenait à deux mains. Je l’ai regardé se lever pour retourner en cours. En passant près de moi elle avait dit : « Allons Cassius, Rome n’attend pas ! ».
J’avais regardé Nathalie et ses nattes s’éloigner (pas que les nattes en fait), puis j’étais, moi aussi, retourné dans l’arène.

 

« Je crois que c’est la prochaine sortie… regarde sur le plan là, dans la boîte à gant. ». Le tic tac du clignotant, le billet tendu à la main sortant de la cabine au péage, les panneaux verts indiquant le centre ville et plus loin les ruines, le reflet des palmiers et des tamaris dans le rétroviseur. Les premières gouttes de pluie… « Ha, c’est bien notre veine... Visiter Pompéi sous la pluie… » .

Comme une pluie de cendres… C’était cela qu’il me restait de la description faite par Pline le Jeune de l’éruption du Vésuve et de l’ensevelissement de la ville. Je récitais mentalement : « C'était la première heure du jour et la lumière était encore faible, déjà les bâtiments se lézardaient à cause des secousses, et bien que nous fussions à l'extérieur, l'étroitesse de la rue nous faisait redouter de grands dangers en cas d'écroulement… ». Une averse glaciale s’était abattue pendant que nous accédions, par l’une des portes sur l’esplanade...Le sol en pierre était glissant et nous avons couru sans rien regarder, cherchant un abri parmi les façades dressées.

 

Nathalie, debout sous le porche avait les cheveux trempés. L’eau dégoulinait sur son front et sur ses tempes. Je lui avait proposé de monter pour prendre un truc chaud. J’aimais le geste de ses deux mains enserrant le bol de thé que je lui avais tendu. Elle avait défait ses nattes pour se frotter avec une serviette. Elle souriait, j’avais mis du Otis Redding, the dock of the bay , je crois...

 

Une heure à peine et la poussière du sol avait déjà bu les trombes d’eau déversées à notre arrivée. Mis à part quelques flaques résiduelles qui miroitaient dans les creux des dalles pavant les rues, la pluie n’était plus qu’un souvenir. Le vent s’était levé poussant les nuages vers la mer. Une lumière jaune baignait les pierres. Nous avons déambulé sans plan dans les ruelles passant de cours en cours, marchant entre les pans encore debout de cette ville désolée. Dans la salle voûtée des thermes un corps blanc, allongé dans un écrin de verre dormait depuis deux mille ans.  

 

Nathalie était couchée sur le dos, au milieu du lit, dans le désordre des draps. Un corps enseveli sous la première la neige d’une nuit d’hiver, un corps blanc abandonné entre les vagues sur la plage, dans la pièce aux persiennes tirées. « …un baiser pour réveiller la princesse de son sommeil ? » avait-elle murmuré. La ville aussi était couchée sous un manteau blanc, de gros flocons avaient fait place aux hallebardes de la veille.


Et puis il y eut, à force d’errances, cette rencontre, rue de l'Abondance, dans le patio d’une villa. Sur le mur du fond du petit jardin, Vénus attendait là, allongée sur un coquillage. Le mur bleu d’abord et puis le corps, pris dans la parenthèse du voile et de la coquille, un peu raide, les jambes étrangement pliées… ou plutôt non, comme si elle battait des pieds pour nager.

 

« Fais moi nager ! », avait écrit Nathalie, sur la buée de la glace de la salle de bain, en sortant de la douche.

L’insouciance (fragments) - Planche sur étaton.com

Partager cet article

Repost 0

A l'eau, adieu...

Publié le par mirco

-          Allo ?…Allo ?

-          Oui… ?

-          Ha….Hé bien quand même !

-          Qui ça ?

-          Dieu !

-          Pardon ?

-          C’est Dieu à l’appareil ! T’en as mis du temps !

-          Dieu ?

-          Lui-même !

-          ...Qui vous aime ?

-          …Personne ! Enfin, je veux dire je ne comprends pas ta question ?

-          Mais enfin, c’est vous qui appelez… Je ne vous connais pas.Que voulez vous ?

-          Nous y voilà !

-          Où ça ?

-          Mais au cœur du sujet, voyons !

-          …Et c’est pour ça que vous appelez ?

-          Non… On peut aussi parler d’autre chose non ?

-          Ecoutez, je n’ai pas que ça à faire…

-          Ils disent tous ça !

-          Non mais c’est fou ça ! Vous appelez, vous vous faites passer pour je ne sais qui, vous faites les questions et les réponses…

-          Justement…

-          J’ai pas fini !…

-          Ha ! pardon !

-          …Et vous voulez me dicter ma conduite ? Pas croyable !!

-          C’est ce que je redoutais d’entendre !

-          Et bien c’est fait ! Maintenant que voulez vous ? A qui voulez vous parler ?

-          … A Gabriel je vous prie !

-          A ma femme ? Elle n’est pas là !

-          Non Gabriel sans L…

-          Sans aile ? Sans elle ? Bon ça suffit ! Elle n’est pas là  je vous dis!

-          …Si je m’attendais à ça !

-          Mais enfin qui êtes vous ?

-          …Mais je vous l’ai déjà dit ! … Ecoutez il faut que je lui parles de toute urgence…

-          Bon !…. la plaisanterie a assez duré ! Gabrielle est au turbin.

-          Des heures sup’… Ho le pauvre !

-          Vous êtes des impôts ?

-          … Heu ?…

-          Ha c’est ça !!!….Ben c’est du joli !

-          … !!!

-          …Vous êtes peut-être même de mèche avec les services comptables de la boîte ? Ha chapeau !!!

-          …Non, je vous assure, je n’en porte pas !

-          Et vous vous payez ma tête par dessus le marché !!

-          …Vraiment non !… Je pensais tomber sur Gabriel et…mais… je ne savais pas…

-           Dites tout de suite que ma femme est une pute !

-          Non, non…Loin de moi cette idée…

-          J’en appends de belle… Ca va chauffer ! Ha la garce !

-           …il y a méprise !

-          Vos prises ? Et vous croyez m’impressionner ?

-          … Enfin, soyez raisonnable puisque je vous dit qu’il y a erreur ! je voulais Gaby et…

-          Ha !!! Vous l’avez dit ! Gaby ! Gaby !!! La salllloooope !!!….Tiens d’ailleurs, la voilà qui rentre…. Attends voir ma poule!

-          - Allo ?…Ne coupez pas ! Allo ???

 [mirco - cravate - 24112006]

Publié dans (en) voie

Partager cet article

Repost 0

...défait l'un

Publié le par ap

Publié dans brèves vues

Partager cet article

Repost 0

(en) voie [tables]

Publié le par ap

Lili

Regard à musée (27/10/2006) C. G - Bar le duc - 11 02 06 ...

Tintin n'a bulle (hé) (08/11/2006) Bruxelles? En lisant ton texte, je me suis reconnue... Il n'y a pas plus mauvaise touriste que moi. Impossible de retenir le nom des endroits, ni des lieux typiquement typiques... Plus des impressions, des odeurs, des rencontres... Cette discussion métaphysique avec le type de la table d'à ...

Léa ne fait pas Leon (18/11/2006 catégorie) La roue de Léa [C.G. pour la rubrique L'insouciance (fragments 16)] ...

Trois notules (29/11/2006 ) -  La première fois que je l'ai croisée, c'était dans le salon familial, avec ses bras cassés. Mais qui dans la maison avait bien pu faire ça ? On aurait pu essayer de la recoller au moins !  [voir aussi (re)venus]


René Leplus

Aux iris : La double négociation. (30/10/2006). Docteur S. : Tiens, Monsieur K., hier, je suis passé sur vos terres ... Monsieurs K : Lesquelles ? S : Celles du bas. Vous vous souvenez?

 

BorisB

Re-naissance (02/11/2006) Boris Beluche - "les villes en bateau" [détail] – 2005. Renée Sens était fan de Marilyne Monrole. Elle avait vu tous ses films et c’est sans doute ce qui l’avait décidée un jour à monter sur scène faute de pouvoir tourner sur un plateau. Elle tournait cependant sur les ...

 

Michel Lamart

Mon crâne et moi... (03/11/2006) : 1 En recevant la tête de mort dans sa boîte en carton expédiée par la Poste, en Colissimo, j’aurais voulu mettre de la chair autour.  À celle fin de savoir à qui appartenait ce grimaçant sourire d’outre-tombe. Mais on ne retouche pas la mort sans modèle. Et puis le temps ...

Or l'aurore... (10/11/2006). On s’est jeté des regards en coin pendant des années. En coin de rue… On se voyait généralement le matin. En route pour le boulot. Elle, blonde et svelte. Moi, semblable à moi. Sans surprise. Je la trouvais jolie. Je n’osais pas lui sourire. Je me contentais de l’espérer. ...

Bâchement beau... (11/01/2007) . Le tableau   Haut mur   Étreint l’être l’ombre sur le haut mur elle le fait réfléchir au temps des règnes oubliés à l’approche des mains vers une poitrine aimée qu’irrigue en plein jour un jeune sang la chair s’en épuise dans ...

Laurent Brunet

Ima(r)ges (11/01/2007). Voici donc, par le courrier du matin, que m'arrive le numéro 21 de la revue Lisières. Celui-ci est consacré à Bernard Plossu. Comme toujours, c’est un plaisir que de prendre en main ces petits objets conçus pour l’intimité de la rencontre. Plusieurs reproductions des photographies de ...


Fabien Maréchal

Le plus simple appareil (10/11/2006) Nous attendions les Martin pour déjeuner. C’était un dimanche. Henri Martin est mon meilleur ami. Je suis complaisant. Tant que je n’aurai pas compris ce qui s’est passé, je préfère le considérer encore comme un ami. Ma femme n’est pas du même avis…

Raffut (21/11/2006) Depuis que les canards, les mouettes, les corbeaux et tutti-plumi atterrissent à l'aéroport, le trafic aérien humain s'en trouve fortement perturbé. On ne gère pas deux cents oiseaux qui se posent en vol désordonné, sans parler des retardataires, comme un Boeing qui arrive tout d'une pièce. ...

Page appeau née... (20/01/2007) - (Dimanche)  Pétrifiés, les lézards verts se chauffaient sur les murets, en bordure des ruelles où les voitures ne pénètrent pas. Des touristes déambulaient au ralenti. Ils s’épargnaient la montée vers les ruines du fort, au sommet de l’éperon auquel le ...

Elle

Amateur d'ours hein? (13/11/2006) (Regarde pas!) - Insupportable! - Quoi? - Ce corps parfait, là..., juste au-dessus. - Oui, elle ne connaît pas sa chance ... T'as vu? Ni trop, ni pas assez, juste parfaits. - Elle a peut-être une sale gueule? - Ce qui est sûr,  c'est qu'ils sont magnifiques et pour être femme, c'est quand même plus ...

Désirs (ronds d’elle) (14/11/2006) (En attendant les hirondelles ...) René chéri, Quel hasard! Quelle surprise! Alitée depuis mercredi à cause de la dernière offensive, j'avais perdu tout espoir. J'ai fait venir monsieur le curé, pour toi ou pour moi, je ne sais plus. Tes nouvelles me transportent. Quel jour sommes-nous? Je ...

Catimini (16/11/2006) Il approche dans la douce pénombre. Instant divin du drap qui se dérobe... Dangereux parfum qui enivre... Ses prunelles dilatées me contemplent fixement. Sa voix riche et profonde fait écho à ses coussins qui palpitent... Caresse de ses griffes sur l'oreiller...Empreinte de son nez. Son dos élastique ...

 

Mezzoforte

L'art rude : klein de pied! (22/11/2006) --- [Mezzo Forte - l'art hue! ] ...

 

Mirko

Faux filet (23/11/2006) -  Ho zut !… j’ai encore mis une balle au fond des filets ! - Ha tiens ?... Tu dis mettre une balle au fond des filets, toi ?

A l'eau, adieu... (26/11/2006 ) - Allo ?…Allo ? -  Oui… ? -  Ha….Hé bien quand même ! - Qui ça ?

 
>> [planche]

Publié dans [tables]

Partager cet article

Repost 0

récits inachevés [tables]

Publié le par ap

AMORCE(S) :

> Mise en plis  (provisoire) sur etaton.com

Un tanker se couche sur le côté en plein milieu de l'Atlantlique. Une partie de l'équipage tente de regagner la côte... Jonas, un simple infirmier d'un petit dispensaire des faubours d'une grande
 Ville (on ne sait pas où) découvre dans la main d'un moribond de petits objets ressemblant à des cailloux. Voulant en savoir plus sur ces objets inconnus de lui, il se met en quête de Marc Tavier son ancien professeur, lequel semble avoir disparu...

Friche, La levée, Tavier sont les trois premiers textes d'un récit qui pour l'instant a pour titre "Amorces".  Entre-temps, d'autres bribes plus anciennes (Jaune as) sont venues interférer...

Je n'ai aucune idée de ce qu'il  va advenir de ces personnages, apparus un jour de forte fièvre ... Ceci est donc une invitation à ceux qui auraient envie d'en écrire la suite  ...

0 - 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7 - 8 - 9 10

Participants actuels : Celine Guillemin, Philippe Agostini

_________________

RE-NOIR(S)  est un projet de film qui date de quelques années déjà. Il s'agissait de construire une fiction tournant autour des deux artistes Auguste et Jean Renoir, d'essayer de croiser les observations faites sur la peinture  et sur le cinéma.

Publié dans [tables]

Partager cet article

Repost 0

(re)venus [tables]

Publié le par ap

dsc04167.jpg

_____________

1- Vénus sauvée des eaux. (22/10/2006 ) Interférence d’images collées les unes aux autres, placardées dans les rues, comme autant de d’insignes ou de décorations dont les murs de la ville se couvrent. Images éphémères, accidentelles, sitôt posées que déjà recouvertes ; tapisserie ...

2- Circonférence (23/10/2006) Une averse crève la peau de l’étang.(...) Et puis il y a la mer ! Verte, avec des écailles, ou des vagues, venant lécher le rivage, Et puis il y a la forme étrange du pli de la robe, de la cape, que la jeune femme de droite, sur la pointe des pieds, volant à son secours déplie… ...

3 - Vénus naine (ou l’affreuse Aphrodite) (24/10/2006) Elle est là, debout me faisant face…. - Nous… ! - …..Nous ? - Oui nous ! « Nous ...

4 - Vénus en corps (27/10/2006) On dit que, convaincu de l’adultère de Vénus, Vulcain fabriqua un filet invisible qui devait servir à surprendre sa femme en compagnie de son amant au moment le plus confondant. Le piège ayant fonctionné, on dit encore qu’il n’hésita pas à exposer les deux amants captifs sous ...

5 - L’étreinte (27/10/2006) Regarde d'abord cette roche suspendue au flanc de la falaise et puis cette dispersion des masses de pierre sous l’aplomb menaçant et l'immense débâcle de ces rocs entraînés en contrebas sur le rivage. Regarde, cette coulée noire et brune, l’anthracite de ces blocs veinés ...

6 - La fleur et le miroir (29/10/2006) Jardin crépitant d’insectes. Enchevêtrement d’herbes sèches traversées des jeunes pousses. Vert tendre parcouru du ballet des bourdons autour des premiers boutons mauves et jaunes. Coupe blanche des tulipes perchées au bout des tiges, dépliant lentement leur couronne. Une lumière ...

7 - L’empreinte temps (31/10/2006) On peut remarquer d'emblée que c'est la même forêt, les mêmes arbres, les mêmes frondaisons, le même espacement entre les arbres… En fait non ! Pas tout à fait, il manque la mer... Et ça change tout ! En fait c’est ailleurs, même si ça y ressemble, ...

8 - Opale regard (04/11/2006 ) "…il y avait toujours, sur un coin de la table, un bol plein de pétales de roses." Sans l’appui et l’encouragement des Médicis, sans leur passion des lettres et des arts, comment aurait-il pu exprimer pleinement sa passion pour la beauté féminine? Ni Pallas, ni ...

9 - Vert ou rose (digression) (11/11/2006)
(Où l’on apprend que c'est Vulcain - Héphaïstos... [j'ai failli cet os, ou jet faille cet ose, quelle faillite ose,] le spectateur privilégié et privé - je veux dire frustré ! - de cette mise en scène… Car il ne faut pas croire ceux qui prétendent ...

10 - Vénus empruntée (11/11/2006 )
Elle (18 ans à peine) – Tu la trouve si belle que ça ? Lui (la cinquantaine passée) - …une question se pose concernant l’étrange beauté de ces femmes. Qui sont-elles celles qui ont marqué son regard ? Car beaucoup sont unanimes pour affirmer que « ce ...

11- il s’entête (11/11/2006) Et pourquoi ces vagues souvenirs, ne viendraient-ils pas d'une réminiscence, d'une image profondément ancrée dans sa mémoire, celle d’une image rencontrée par hasard, dans la rue ou dans une revue, dans une pub pour parfum, pour lessive, pour serviettes hygiéniques, pour une voiture… Vénus ...

12 - Quelques signes discrets de son passage (13/11/2006) "Des fleurs seraient apparues
sous ses pieds, lors de sa sortie de l'eau, avant quelle ne soit accueillie par
Eros. Elle sera souvent représentée avec un sourire aux lèvres...

13 - Fausse en blanc (brèves) (14/11/2006) La lumière est verte ou bleue. Alice est assise sous une lampe près de l’écran qui balaye son visage. De là où je suis, je ne peux pas voir si elle frappe sur le clavier avec tous ses doigts. Penchée en avant. Une main sous le menton elle ne bouge plus. Elle fait la statue. Elle pense.

14 - Reconstitution (15/11/2006) Ils sont en place. Chaque chose à sa place. Les corps, les gestes, les postures, les costumes, le décor, tout est en place. Chaque détail a été soigné, revu, et corrigé par la scripte. Chaud !… Il fait chaud sur le plateau. Le voyant rouge qui signale, dans l’obscurité, ...

15 - Coup d'épée dans l'eau (15/11/2006) Lui - Il arrive parfois que les ondes portent jusqu’à nous autre chose que de divines figures. Par exemple cette étonnante formule entendue un jour, à la radio, au détour d’un débat politique : « Mars et Vénus, divorcés par l’Atlantique »… ...

16 - Vers l'Est (19/11/2006) Frange de neige agglutinée

17 - Forger l'ombre (21/11/2006) « … cette divinité avait plusieurs temples à Rome dont la garde était confiée à des chiens. Ses fêtes étaient célébrées au mois d'août, durant les chaleurs ardentes de l'été. A l’occasion de ces réjouissances ...

18 - Petite ! Ton eau… (25/11/2006) Vasari raconte que Alessandro di Mariano Filipepi aurait reçu sa première formation artistique chez un orfèvre appelé Botticello, et que c’est de ce dernier que lui serait venu son surnom, ce qui, à l’époque était chose courante. C’est donc sous ce nom d’emprunt que Alessandro ...

19 - Trois notules (29/11/2006 ) - La première fois que je l'ai croisée, c'était dans le salon familial, avec ses bras cassés. Mais qui dans la maison avait bien pu faire ça ? On aurait pu essayer de la recoller au moins ! [voir aussi (en) voies]

Publié dans [tables]

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 6 7 > >>